Gustave Courtois

Pusey, 1853 – Paris, 1923

 

Portrait de Carl Ernst von Stetten

 

Huile sur toile

58,5 x 76 cm

Signé et situé en haut à gauche : Gustave Courtois / Paris

 

Provenance

Atelier de l’artiste

Par descendance, collection particulière

 

Né à Pusey, en Haute-Saône, Gustave Courtois fait ses études au lycée de Vesoul où il est remarqué par son professeur, Victor Jeanneney, qui montre ses dessins à Gérôme : celui-ci l’encourage à entrer à l’École des Beaux-Arts où il enseigne. Là, Courtois, Dagnan-Bouveret, Muenier, Prinet forment ce que l’on a appelé « l’école haut-saônoise ». Courtois et Dagnan-Bouveret sont très liés, au point de partager leur atelier ; Dagnan épousera Maria Walter, cousine de Courtois. Trois échecs au Prix de Rome ne l’empêchent pas de faire carrière et d’obtenir succès et récompenses officielles. Comme Gérôme, Courtois, portraitiste mondain (Portrait de Madame Pierre Gautereau, 1891) et peintre d'histoire (César au tombeau d’Alexandre Le Grand, 1878), débute avec une touche lisse et un fini virtuose qui doivent beaucoup à son maître. Avec le temps, si les thèmes restent les mêmes, la touche de Courtois se fait plus libre, sa couleur plus chaude, ses contours plus flous, comme dans son Dionysios endormi de 1906. Courtois est également l’auteur de grands décors pour les églises, pour la mairie de Neuilly et le foyer de l’Odéon.

 

Né à Augsbourg en 1853, Carl Ernst von Stetten, venu à Paris dans les années 1870 pour y apprendre la peintre, rencontre Courtois et Dagnan-Bouveret dans l’atelier de Gérôme : entre Courtois et Stetten, c’est le début d’une amitié qui durera une vie. On doit à Courtois de nombreux portraits de son ami datant de leurs années d’apprentissage (1870-1878) : il lui donne ainsi les traits de son énigmatique Orphée de 1875 (Pontarlier, musée). Notre tableau, qui date très certainement de la même période est un portrait de l’artiste en jeune homme qui doit beaucoup à la Renaissance et aux autoportraits de Courbet, se référant lui-même à l’Homme au gant. Dans son atelier – on distingue à droite une sellette supportant une sculpture –, un jeune dandy toise du regard le spectateur. On retrouve ici, comme dans le portrait aristocratique de Titien, le noir intégral de l’habit, le fond nu et l’absence d’accessoires qui, obligeant à aller à l’essentiel, spiritualisent le portrait : le visage sur lequel se concentre toute la lumière semble éclairé de l’intérieur, tandis que la pose élégante de la main sur le front, ombre le regard et suggère la pensée créatrice.