Alexandre-Hyacinthe Dunouy

Paris, 1757 – Jouy-sur-Lionne, 1841

 

Paysage de montagne

 

Huile sur toile

24,5 x 35 cm

 

Alexandre-Hyacinthe Dunouy appartient à la première génération de peintres comme Michallon, Bertin ou Bidault, formés dans la tradition du paysage historique par les enseignements de Valenciennes. Après un apprentissage chez le peintre d’histoire Gabriel Briard, il effectue son premier voyage en Italie, probablement entre 1787 et 1790. Les endroits où il a séjourné, aussi bien en Italie qu’en France, lui inspirent autant de sujets de tableaux qu’il présente au Salon à partir de 1791. Dunouy se rendra à nouveau en Italie en 1810, appelé à Naples par Joachim Murat. Rentré en France sous la Restauration, il est l’un des artistes chargés par Louis XVIII de projets de plafonds pour différents palais de la monarchie, dont celui de Fontainebleau.

 

Cette vue de montagnes est caractéristique de l’art de Dunouy. Le peintre a particulièrement soigné la qualité de l’exécution, où une facture lisse et précise s’allie à la douceur de la lumière, pour mieux restituer la poésie d’un lieu idéalisé. La composition simple, fondée sur des plans successifs et des diagonales, mènent le regard du spectateur du premier plan jusqu’au fond majestueusement occupé par de hautes montagnes couronnées de nuages. La profondeur est accentuée par l’alternance de zones d’ombres et de lumière et on retrouve ici la palette de l’artiste qui multiplie les déclinaisons de vert – du vert-de-gris au vert tilleul –, de gris et de bleu. En l’absence d’indication de lieu, on situerait volontiers ce paysage dans les Alpes, que l’artiste a traversées à plusieurs reprises pour se rendre en Italie. La manière de Dunouy a très peu évolué au cours de sa carrière mais le rapprochement de notre tableau avec plusieurs œuvres exposées entre 1795 et 1798 nous incite à le dater vers l’extrême fin du XVIIIe siècle[1].

 


[1] Vue du Mont-Blanc prise du lac de Genève en arrivant en France, Salon de 1795, n° 170; Site près Saint-Jean-de-Morienne, Salon de 1796, n°156 ; Vue de Savoie, près Saint -Michel, en Maurienne, Salon de 1798, n°147.