Pierre Henri Revoil

Lyon, 1776 – Paris, 1842

 

Un Grec fuyant avec ses enfants, vers 1825

 

Lavis de sépia

182 x 234 mm

Signé du monogramme en bas à gauche et dédicacé au crayon : à monsieur Alexandre

Provenance : peut-être vente Vattemare, Paris, 5-9 décembre 1864, n°118

Bibliographie : La Grèce en révolte, Delacroix et les peintres français, 1815-1848, Paris-Bordeaux-Athènes, 1996-1997, p. 263 (Peintures et dessins philhellènes, 1800-1850)

 

Comme de nombreux autres artistes contemporains, dont Eugène Delacroix et Ary Scheffer, Pierre Revoil fut un partisan fervent de la liberté du peuple grec. Commencée en 1821, cette lutte pour l’indépendance de la Grèce contre l’empire Ottoman fut intensément soutenue en France par le milieu libéral et s’achèvera en 1832 par la formation de l’Etat grec. Avec la guerre d’Indépendance apparaît en Europe la figure du Grec moderne, ce que commente Augustin Jal, dans sa présentation des œuvres du Salon de 1824 : « Hector, Achille, Agamemnon me fatiguent de leur sublimité. [...] Ce qui m’occupe tout entier sont les Klephtes et les Armatolis. [...] Ulysse, Kolokotronis, voilà les noms qui parlent à mon cœur. Adieu donc Grèce antique ! »[1].

 

Profondément croyant, Revoil percevait la guerre gréco-turque comme un combat pour défendre la religion chrétienne, une guerre sainte. Il expose au Salon de 1822, sous le titre de L’Hospitalité provençale, une peinture (perdue) montrant un « vieillard découvrant une croix grecque attachée à sa poitrine » tandis qu’une Arlésienne lui offre une grappe de raisin, symbole du sang du Christ, le sang du Sacrifice. Plusieurs dessins, conservés dans des collections particulières ou dans des musées, illustrent également des thèmes grecs[2]. Notre œuvre, inédite, présente un père grec et ses enfants s’enfuyant d’une ville en flamme que l’on devine dans le lointain sur la droite. Cette œuvre illustre la barbarie des turques qui n’hésitèrent pas à incendier des villes comme Missolonghi ou Samothrace et à massacrer leurs habitants. Une autre version de ce dessin, plus grande et provenant d’un album amicorum d’un aide de camp de la Duchesse de Berry, est passée récemment en vente publique[3].

 


[1] A. Jal, L’artiste et le philosophe, entretiens critiques sur le Salon de 1824, Paris, 1824, cité dans La Grèce en révolte..., op. cit., p. 136.

[2] M.-C. Chaudonneret, La Peinture troubadour, deux artistes lyonnais Pierre Revoil (1776-1842) et Fleury Richard (1777-1852), Paris, 1980, cat. 89 à 95, ill. 241 à 245.

[3] Christie’s, Paris, 15 décembre 2004, n°175, mine de plomb, plume et encre grise, lavis gris, 155 x 201 mm, signé « P. Revoil ».