Charles Meryon

Paris, 1821 – Saint-Maurice, 1868

 

Le Stryge, planche de la suite Eaux-fortes sur Paris, 1853

 

Eau-forte originale, 170 x 130 mm, marges 490 x 320 mm

(Delteil 23 vi/viii, Scheiderman 27 vii/x)

Très belle épreuve du septième état (sur 10), les vers effacés et avant le titre en capitales

Filigrane : Hudelist

Légères rousseurs dans la marge inférieure

 

Le Stryge est la plus étrange des œuvres inspirées à Meryon par le vieux Paris. Il a choisi comme point de départ une des sculptures dessinée par Viollet-le-Duc et mise en place lors des travaux de restauration de Notre-Dame de Paris au pourtour de la deuxième galerie, à l’angle de la tour de gauche. C’est une gargouille en forme de démon accoudé au balustre, les bras nus et musculeux, le torse nu avec deux ailes d’archange infernal. Paris semble présente toute entière dans l’espace restreint de l’ovale où le graveur a inscrit sa gravure. C’est un monde de maisons, de fenêtres, de toits, de ruelles d’où jaillit la tour gothique de Saint-Jacques. Cette image spectaculaire est probablement inspirée par un chapitre du roman de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, intitulé « Paris à vol d’oiseau » : « cet éblouissement de toits, de cheminées, de rues, de ponts, de places, de flèches, de clochers… » C’est Philippe Burty qui, le premier, en 1863, a fait le rapprochement entre les auteurs, rapprochement dont Meryon s’est montré particulièrement flatté.

« A propos de ma gravure de la « Vigie Notre-Dame » [premier titre de cette planche], je vous répondrai que cette vue est prise de dessus la partie supérieure de la galerie du même nom. Ce monstre que j’y ai représenté existe, et n’est en aucune manière une œuvre d’imagination. J’ai cru voir dans cette figure la personnification de la Luxure [...] » (Lettre de Meryon à son père, 17 avril 1854, British Museum).