Felice Giani

San Sebastiano Curone, 1758– Rome, 1823

 

Génies portant des trophées militaires

 

Plume et encre brune sur préparation à la pierre noire

160 x 417 mm

 

 

Né près de Gênes, Felice Giani étudie à Pavie auprès de l’architecte Antonio Galli Bibiena avant d’arriver à Bologne en 1778 et de continuer son apprentissage dans les ateliers d’Ubaldo Gandolfi et Domenico Pedrini. En 1780, il entre à l’Accademia di San Luca à Rome et peu de temps après commence une carrière de peintre décoratif à fresque, réalisant des décors pour les palais Altieri, Chigi et la villa Borghese. Installé à Bologne à partir de 1784, il travaille principalement à Faenza et à Bologne, tout en recevant des commandes pour Paris (Malmaison, Tuileries) ou pour Rome (Palazzo del Quirinale, Palazzo di Spagna).

 

Giani développe une technique de décoration ornementale qui incorpore des éléments classiques inspirés par les peintures murales romaines, exécutées à fresque ou à tempera, et des œuvres en stuc. Il prépare ses décors par de nombreuses feuilles dont des ensembles importants sont conservés dans les collections du Cooper-Hewitt à New York et à l’Istituto Culturali ed Artistici à Forli. Notre feuille, représentant des génies portant des faisceaux de licteurs, des trophées d’armes, des enseignes de légion et des trompettes, est bien représentative de cet art du décor et peut être rapproché des génies au corps gracile peints sur la voûte du Salon de Psyché au Palazzo Baciocchi à Bologne [1]. Un dessin très semblable au notre, représentant deux génies portant des faisceaux de licteurs et annoté « Geni della giustizia », est conservé à l’Istituto Nazionale per la Grafica de Rome [2].

 


1 A. Ottani Cavina, Felice Giani e la cultura di fine secolo, Milan, 1999, tome 1, fig. 378-380, p. 267-270.

2 A. Ottani Cavina, op. cit., tome 2, n°A1-41, p. 871-872.