Louis-Hippolyte Lebas

Paris, 1782 – 1867

 

La Basilique de Constance depuis les jardins Farnèse, 1810

 

Pinceau et lavis d’encre brune

170 x 107 mm

Annoté (signé ?) au verso : Le Bas à Rome 1810

 

Encore enfant, Lebas étudie l’architecture auprès de Léon Vaudoyer, puis entre en 1797 dans l’agence de Percier. En 1803, il part pour l’Italie aux frais de l’armée en tant que guide du prince Murat. Deuxième grand prix d’architecture en 1806, il effectue son second voyage en Italie avec François Debret. Enfin, il a l’opportunité de retourner en Italie en 1810-1811 pour compléter des relevés. Sa carrière prend un tour décisif au retour des Bourbons : successeur de Percier auprès de Fontaine, il collabore au chantier de la Chapelle expiatoire et réalise le monument à Malesherbes. Grâce à l’appui de Percier, il remporte seul en 1824 le chantier de Notre-Dame-de-Lorette avec un projet alliant le plan basilical à une ornementation Renaissance. Deux ans plus tard, il édifie la Petite-Roquette, premier exemple en France d’une prison panoptique. Son œuvre comme son enseignement à l’École des Beaux-Arts sont marqués tout à la fois par le néoclassicisme et l’historicisme, dans la lignée de Winckelmann et de Quatremère de Quincy.

 

Une des premières décisions de Paul III, après son élection au pontificat en 1534, fut de donner le chapeau cardinalice à son petit-fils Alessandro Farnese. Ce dernier joua alors un rôle politique majeur durant le pontificat de son grand-père mais fut aussi un mécène éclairé. En dehors de son palais de ville (aujourd’hui l’ambassade de France en Italie), Alessandro décide de construire une résidence d’été sur le site du Campo Vaccino, l’ancien Forum des romains de l’Antiquité. C’est Jacopo Barozzi, dit Vignole, qui construit l’ensemble comprenant des jardins en terrasse sur les contreforts du mont Palatin, surmontés de deux volières. Les Orti Farnesiani, comme la Villa d’Este à Tivoli, faisait partie des lieux célèbres de Rome, souvent visités par les étrangers. Vendus par le dernier descendant des Farnèse, François II de Naples, à l’empereur Napoléon III, les jardins furent finalement acquis par l’Etat italien en 1870 et sacrifiés pour dégager l’ensemble des ruines romaines du Forum et du Palatin. Aujourd’hui, il ne subsiste plus que les deux volières et quelques fontaines disséminées dans les ruines. Notre dessin a été exécuté par Lebas depuis la volière de droite. Depuis le sommet des jardins, il est en effet possible de voir en face la basilique construite par l’empereur Maxence, en 306-312 dont les voûtes colossales ont été une source d’inspiration fréquente pour les artistes.

 

Lors de ses séjours italiens, Lebas a beaucoup dessiné, œuvres que l’on retrouve dans la vente après décès de l’artiste (Paris, Hôtel Drouot, 2-4 décembre 1867). Notre dessin pourrait avoir fait partie du lot 4 : « Jardins Farnésiens au Campo Vaccino, à Rome : Trente et un Dessins, Aquarelles et Sépias : Vues principales, Elévations, Détails, Fragments, etc. Ces jardins furent élévés par les soins du Pape Paul III, de la famille des Farnèse, sous la direction de Michel-Ange Buonarotti et continués plus tard par Jacques Barozzi de Vignole. » Aujourd’hui, un ensemble important de dessins de Lebas est conservé dans les collections de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts à Paris mais ne comprend aucun dessin consacré aux jardins Farnèse.