Théodule Devéria

Paris, 1831 - 1871

Portrait de M. Rondeaux en costume égyptien


Plume et encre brune, lavis brun et gris, aquarelle
253 x 200 mm
Annoté en haut à gauche : Mr Rondeaux

 

Fils et élève du dessinateur et lithographe Achille, neveu du peintre Eugène, Théodule Devéria s’initie également à la photographie avec son père. Il découvre sa passion pour l’égyptologie, science alors toute nouvelle dont les bases venaient d’être mises en place par Champollion, en rencontrant l’égyptologue Prisse d’Avennes venu se faire portraiturer dans l’atelier de son père. Entré au département égyptien du Louvre en 1855 comme attaché, il sera nommé conservateur adjoint en 1860. Emmanuel de Rougé, conservateur du département égyptien, le présente à Mariette, célèbre inventeur du Sérapeum de Saqqara (plus de 5000 objets provenant de ses fouilles viennent enrichir les collections du département en 1852-1853) dont il deviendra l’un des plus fidèles assistants, tant en Egypte qu’en France, tout en poursuivant son travail au Louvre. Il fera quatre longs séjours en Egypte en 1858-1859, 1861-1862, 1865 et 1865-1866, suivant Mariette sur les chantiers et travaillant avec lui en tant qu’égyptologue, épigraphiste, dessinateur, lithographe mais aussi photographe, ce dernier étant convaincu de l’importance de la photographie « témoin incorruptible » pour l’archéologie.

C’est au cours de l’un de ses quatre séjours sur les bords du Nil entre 1858 et 1866 que Théodule Devéria a réalisé ce portrait de M. Rondeaux en costume local. Il s’agit peut-être d’un compagnon du troisième séjour de janvier à avril 1865 : Devéria accompagne alors un groupe de riches amateurs regroupés autour de Henri Pereire. A la suite de ce voyage, un livre, L’Egypte à petites journées, illustré d’une soixantaine de photographies prises par Devéria, sera édité à compte d’auteur par Henri Pereire. Cet ouvrage, tiré à très petit nombre d’exemplaires et non commercialisé, était destiné à être remis à chaque participant comme souvenir du voyage.

Une importante collection de livres, dessins, empreintes, photographies, notes et travaux de Théodule Devéria est entrée au Louvre en 1871, quelques mois après sa mort. Le reste de ses archives a été conservé par son frère Jean-Gabriel Devéria (1844-1899), diplomate, sinologue et photographe, puis par sa descendance.