Anne Louis Girodet de Roucy-Trioson

Montargis, 1767 – Paris, 1824

L’Ombre d’Anchise apparaît à Enée et lui ordonne de descendre aux enfers, illustration pour le livre V de l’Enéide, vers 1815-1820


Pierre noire
212 x 330 mm
Annoté en haut à droite : LIB. V
Filigrane : A.L. ou A.L.D.


Provenance

Atelier de l’artiste, partie du n°373 de l’inventaire

Roseline Becquerel-Despréaux, fille de l’artiste

Antoine-César Becquerel

Antoine-Claude Pannetier (1772-1859), Paris

M. de la Bordes (sa vente, Paris, Hôtel Drouot, 15 avril 1867, partie du n°3)

Ambroise Firmin-Didot (1790-1876), Paris ; puis par descendance jusqu’à la vente à Paris, Hôtel Drouot, 17 novembre 1971, lot 37

Collection privée


Estampe

Lithographié par Counis pour L’Enéide, suite de compositions dessinées au trait par Girodet et lithographiées par MM. Aubry-Lecomte, Châtillon, Counis, Dassy, De Juines, etc., Paris, 1827.


L’illustration de l’Enéide est un bel exemple de la collaboration de l’atelier à une grande œuvre qui occupa Girodet de 1811 à sa mort, et qu’il laissa inachevé. Une collaboration placée sous le signe émouvant de l’hommage au maître, puisque les lithographies d’après 72 des 172 dessins que Girodet put faire, sur les 200 initialement prévus, ont été réalisées après sa mort sous la direction de Antoine Jean Pannetier, l’un de ses plus vieux élèves et amis et publiés en 1827, en douze livraisons de six planches. Se réunirent ainsi une dernière fois pour honorer la mémoire du maître Aubry-Lecomte, Chatillon, Counis (qui réalisa la lithographie du dessin présenté ici), Coupin de la Couperie, Dassy, Dejuinne, Delorme, Lancrenon, Monanteuil et bien sûr Pannetier. Les dessins restèrent réunis dans un album jusqu’en 1971, date de leur dispersion en vente publique.

Girodet a cherché à illustrer l’épopée de Virgile, ce récit des épreuves du troyen Enée, ancêtre mythique du peuple romain, depuis la prise de Troie jusqu’à son installation dans le Latium. Au livre V, pour échapper à une tempête, Enée et ses compagnons débarquent en Sicile où vient de mourir Anchise, le père d’Enée. Une nuit, Anchise apparaît à son fils, le conseillant de repartir vers l’Italie avec ses guerriers et d’aller voir la Sybille de Cumes qui le fera pénétrer dans les Enfers où ils pourront s’entretenir : c’est le moment retenu ici par Girodet. La source inépuisable des illustrations de Girodet pour l’Enéide se trouve chez Flaxman, dont les dessins au trait pour l’Illiade et l’Odyssée inspirèrent nombre d’artistes, et sujet desquels George Romney déclara « they look as if they had been made in the age when Homer wrote ». C’est au même caractère de simplicité primitive que Girodet vise, et, dans certaines compositions, à la même puissance fantastique.