Marc Chagall

Vitebsk, 1887 – Saint-Paul-de-Vence, 1985

 

Nu à l’éventail, 1924

 

Eau-forte et pointe sèche originale, 215 x 278 mm, marges 282 x 400 mm

(Kornfeld 39 Ia/II)

Superbe épreuve sur japon, avant la lettre, signée et annotée « essai », antérieure au tirage effectué pour le Portefeuille des Peintres-Graveurs Indépendants pour 1925, Paris, Morancé éditeur
A toutes marges

« Je suis sûr que Rembrandt m’aime ! » s’exclame Chagall dans les dernières pages de son récit autobiographique Mein Leben. Paroles significatives de la complicité qui s’était établie entre l’enfant de Vitebsk et le grand maître hollandais, dès 1922, date de la première gravure de Chagall. Il a trente-cinq ans, un œuvre important déjà accompli et vient de quitter définitivement la Russie pour s’installer en France. A cette époque, c’est l’eau-forte qui devient le mode d’expression graphique privilégié de l’artiste, utilisé pour illustrer Les Ames mortes de Gogol, les Fables de la Fontaine et L’Ancien Testament.

En 1924, Chagall grave ce Nu à l’éventail pour la Société des Peintres-Graveurs Indépendants, fondée une année auparavant. Le sujet n’est pas sans évoquer la Négresse couchée de Rembrandt ou l’Etude de femme nue de dos de Delacroix. Unique impression sur japon, notre épreuve est un des très rares tirages d’essai (deux autres exemplaires, coloriés, sont conservés dans les archives de la fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence ; un exemplaire, sur chine, dans une collection privée suisse). La planche a ensuite été imprimée à 115 exemplaires signés puis à 250 exemplaires non signés.