Jacques-Louis David

Paris, 1748 – Bruxelles, 1825

 

Allégorie révolutionnaire, 1792

 

Pierre noire

208 x 144 mm

Numéroté à l’encre en haut à droite 44

Paraphes d’Eugène et Jules David, fils de l’artiste (Lugt 839 et 1437)

Le montage ancien est numéroté 75 au recto et annoté au verso : C. Marie Magdeleine Guerard / C / Œuvres vert...

 

Provenance

Atelier de l’artiste

Inventaire après décès de l’artiste, 25 février 1826, partie des n°25, 26 ou 27

Vente de l’atelier de l’artiste, Paris, 17 avril 1826, partie du lot 71 (invendu)

Ne figure pas dans l’inventaire après décès de Mme David, 27 juin 1826

L.J.A. Coutan ?

par héritage, Ferdinand Hauguet, son beau-frère ?

son fils, Maurice-Jacques-Albert Hauguet ?

vente Coutan-Hauguet, Paris, 16-17 décembre 1889, n°118 ?

 

Bibliographie comparative

P. Rosenberg et L.-A. Prat, Jacques-Louis David, catalogue raisonné des dessins, Milan, 2002, n°1475 et 1476, p. 970

 

Cette feuille provient du carnet de David, numéroté 4, aujourd’hui conservé au musée du Louvre[1]. Ce carnet contient de nombreuses études pour le Serment du Jeu de Paume, quelques dessins pour les Sabines ou pour le Léonidas et des études diverses. Un groupe de dessins a plus particulièrement retenu l’attention des spécialistes récemment : il s’agit des feuillets 37 verso à 46 verso de cet album, numérotés anciennement de 41 à 46, avec un manque pour le feuillet 44. Sur ces feuilles, David a esquissé dans un premier temps un tableau commandé par la Constituante au printemps 1792, Louis XVI présentant la Constitution au Dauphin, œuvre qui n’a jamais été réalisée[2], puis une allégorie révolutionnaire[3].

 

On ne sait pas si cette allégorie révolutionnaire, interprétée par Lina Propeck en 1993 comme une allégorie du Peuple souverain en Hercule[4], est une nouvelle étude de composition pour le Louis XVI... ou une étude autonome. Il faut cependant noter que cette allégorie est très proche de la composition du Triomphe du Peuple Français, sans doute destinée à orner un rideau de théâtre et connue par deux autres dessins autonomes (musée du Louvre et musée Carnavalet)[5].

 

Notre feuille, portant le numéro 44, est donc le feuillet manquant au carnet du Louvre et se situe à la charnière de ces deux groupes de dessins. Dessiné uniquement sur le verso, cette feuille montre la première étude de David pour cette allégorie révolutionnaire du Peuple souverain en Hercule, soutenant de son bras gauche le génie de la Liberté, armé d’un pique coiffée du bonnet phrygien et tendant une couronne, ainsi que le génie de la Constitution brandissant un sceptre terminé par l’œil de la Raison.

 


[1] P. Rosenberg et L.-A. Prat, Jacques-Louis David, catalogue raisonné des dessins, Milan, 2002, n°1436-1489.

[2] P. Rosenberg et L.-A. Prat, op. cit., n°1470 à 1474.

[3] P. Rosenberg et L.-A. Prat, op. cit., n°1475 et 1476.

[4] L. Propect et A. Serullaz, « David et le portrait du roi », actes du colloque David contre David, Paris, 1989, Paris, I, 1993, p. 293-318.

[5] P. Rosenberg et L.-A. Prat, op. cit., n°128 et 129.