Charles Léandre

Champsecret, 1862 – Paris, 1934

 

Portrait charge de Jehan Rictus, poète et chansonnier

 

Plume et encre de Chine, lavis d’encre de Chine

180 x 114 mm

Signé, daté et annoté en bas à droite : au poète Jehan / Rictus (Randon) / en échange / de son / sympathique souvenir / C. Léandre / 96 ; annoté en haut au centre : l’homme est un mufle par / nature, et la nature ne / changera jamais !

 

 

Elève d’Alexandre Cabanel, Charles Léandre expose à partir de 1887 au Salon des Artistes Français des scènes de genre et surtout des portraits, genre dans lequel il excellait en utilisant la technique du pastel. Léandre a également illustré de nombreux ouvrages, parmi lesquels Dix contes de Guy de Maupassant ou Madame Bovary de Gustave Flaubert. Fondateur avec Louis Morin de la Société des Humoristes, Léandre est surtout connu pour ses dessins de caricatures publiés dans la presse. Il collabore ainsi à L’Assiette au beurre, au Chat noir, ou au  Figaro. Dans le Rire, certains de ses portraits-charges sont particulièrement connus comme celui de la reine Victoria, qui a presque provoqué un incident diplomatique. . « Je ne cherche pas l’ironie, ni la cruauté, ni même la sévérité, j’observe les vices, je les découvre parfaitement mais j’éprouve rarement le besoin de les signaler ou de les flétrir » disait Léandre lui-même. Il est en effet railleur, mais sans insistance, satirique mais sans violence. Il garde toujours ce fonds de bonhommie qui le rapproche plus d’Able Faivre et de Jean Véber que de Forain.

 

Gabriel Randon, dit Jehan-Rictus (Boulogne-sur-Mer, 1867 - Paris, 1933), est un poète célèbre pour ses œuvres composées en langue populaire. Dans son texte le plus célèbre, Les Soliloques du pauvre, publié en 1895, le poète fait parler le miséreux avec une étonnante langue des faubourgs. « Faire enfin dire quelque chose à quelqu’un qui serait le Pauvre, ce bon pauvre dont tout le monde parle et qui se tait toujours. Voilà ce que j’ai tenté » disait Jehan Rictus de son poème. Ce texte a été illustré par Théophile-Alexandre Steinlen et par Joaquin Sunyer y Miro en 1897. Rictus était proche de Charles Léandre qui a dessiné son portrait à plusieurs reprises. Un autre portrait, moins caricatural, exécuté au crayon bleu, se trouve conservé dans une collection particulière[1].

 


[1] E. Lefèvre, Charles Léandre, Cully, 2008, p. 20.