Alexandre-Hyacinthe Dunouy

Paris, 1757 – Jouy-sur-Lionne, 1841

 

Le Chemin en sous-bois

 

Huile sur papier marouflée sur toile

25 x 32,5 cm

 

Formé par le peintre d’histoire Gabriel Briard, Dunouy participe au Salon de la Jeunesse en 1781 avec un paysage. Il effectue ensuite, probablement de 1787 à 1790, son premier voyage en Italie. Plusieurs œuvres datées, tout comme les sujets des tableaux qu’il présente au Salon à son retour en 1791, permettent de le suivre dans toute la péninsule. Son tableau Des citoyens fautes de chevaux traînent des voitures de fourrage au camp (Vizille, musée de la Révolution française) lui vaut un prix d’encouragement au concours de l’an II (1794). Sous l’Empire, ses grands paysages, dont certains sont réalisés en collaboration avec Jean-Louis Demarne, font l’objet de commandes officielles. Le jeune Achille-Etna Michallon, son voisin à la Sorbonne, fréquente son atelier vers 1809. C’est alors que Joachim Murat, nommé par Napoléon roi de Naples l’année précédente, l’appelle à Naples où il va se trouver en concurrence avec Simon Denis. Il y demeure jusqu’en 1815, réalisant pour Caroline Murat de nombreux paysages destinés au palais royal de Portici. Rentré en France, Dunouy participe sous la Restauration au décor du Trianon avec Bidauld et Bertin ; il reçoit également la commande d’un grand tableau pour la galerie de Diane à Fontainebleau, Pierre l’Ermite prêchant la croisade dans les monts d’Auvergne, exposé au Salon de 1819 (Clermont-Ferrand, musée des beaux-arts). Il multiplie les études dans la région parisienne, à Saint-Cloud et à Montmorency et, après une dernière participation au Salon de 1833, se retire de la vie artistique. À la différence de ses contemporains Valenciennes, Bertin et Bidauld qui privilégient plus volontiers le paysage historique, Dunouy a toujours marqué une nette préférence pour ce que Valenciennes qualifiait de « paysage-portrait » ou vedute.

 

La pratique de la peinture en plein air par Dunouy est attestée par Landon, qui relate que les études « sur nature » exécutées par l’artiste, « toute sa richesse », ont été en grande partie détruites lors d’un incendie[1]. Notre étude à l’huile sur papier s’ajoute donc aux rares exemples connus d’études d’après nature témoignant de l’activité en plein air d’un artiste réputé pour le style « poussinesque » de ses vues, fortement structurées et riches en détails. La coupe nette, presque photographique, du cadrage donne à cette peinture la fraicheur de l’image saisie sur le vif. Comme toujours, le peintre a particulièrement soigné la qualité de l’exécution, où une facture lisse et précise s’allie à la douceur de la lumière, pour mieux restituer la poésie d’un lieu idéalisé. L’artiste reste très méticuleux dans la représentation de chaque élément : de l’herbe au premier plan jusqu’aux troncs des arbres ou aux ovins que l’on aperçoit dans le champ. La composition simple, fondée sur des plans successifs et des diagonales, mènent le regard du spectateur du premier plan jusqu’au fond où, à l’orée d’un champ de blé, paît un troupeau. Ces différents plans alternent ombre et lumière, donnant de la profondeur et du relief à notre vue ainsi qu’une clarté générale de l’œuvre. On retrouve ici la palette de l’artiste qui multiplie les déclinaisons de vert – du vert-de-gris au vert tilleul –, de gris et de bleu.

 


[1] L. Harambourg, Dictionnaire des peintres paysagistes français au XIXe siècle, Neuchâtel, 1985, p. 135.