Balthasar Charles Larpenteur

Versailles, 1783 – après 1846

 

Autoportrait de l’artiste, 1810

 

Huile sur toile

70 x 53 cm

Signé et daté sur le livre : Balthasar / Larpanteur / peint par / lui-même / en 1810

 

Exposition : Salon de 1810, n°463

 

Nous sommes peu renseignés sur Balthasar Charles Larpanteur, peintre né et travaillant à  Versailles. De 1810 à 1846, il expose durant trente cinq ans au Salon principalement des portraits et quelques scènes de genre. La liste de ses œuvres établie par Bellier et Auvray révèle un talent d’abord ancré dans le portrait, pour la plupart anonymes[1] : Portrait de M. l’abbé de Lafage (Salon de 1814), Portrait en pied de M. le baron F…, ancien colonel de dragons avec son fils (Salon de 1819), Une fiancée avec ses sœurs (Salon de 1836), Portraits de M. L. de Melun, sous deux poses différentes (Salon de 1841), etc. Le Portrait d’un général, aujourd’hui conservé au musée Lambinet de Versailles doit probablement être relié au Portrait de M. le général baron D. maréchal de camp du Salon de 1819. Une œuvre particulière attire l’attention, celle de Raspail à la prison de Versailles, recevant la visite de sa famille, peint en 1832 et exposé au Salon de 1835 (collection particulière)[2]. Il semble s’agir d’une des très rares peintures de l’artiste mêlant scène de genre et portrait.

 

Notre Autoportrait est la première œuvre exposée par l’artiste au Salon de 1810. Dès les années 1790, l’artiste aspire à un nouveau statut social, le valorisant comme appartenant à une élite culturelle à la pointe de la mode. C’est l’image que Larpanteur souhaite donner de lui ici : vêtu d’une élégante redingote, le cou ceint d’une précieuse cravate blanche, Larpanteur s’affiche comme un homme à la mode. Il se tient en plein air, tenant à la main un carnet et un crayon, ce qui renvoie à l’image du peintre paysagiste allant dessiner sur le motif. Bien qu’exclusivement portraitiste par la suite, il n’est donc pas à exclure que Larpanteur, dans sa jeunesse, ait été tenté par la carrière de paysagiste. D’une main, il retient son chapeau haute forme, comme s’il était déstabilisé par un vent violent. Avec cette pose surprenante, Larpanteur, dont le regard direct interpelle le spectateur, cherche par l’intermédiaire de ce portrait inhabituel à établir une stratégie de reconnaissance en attirant sur lui l’attention des critiques et de clients désireux de faire réaliser leur portrait.

 


[1] E. Bellier de la Chavignerie et L. Auvray, Dictionnaire général des artistes de l’école française, Paris, 1882-1885, tome I, p. 913-914.

[2] Raspail, Paris, Bibliothèque nationale, 1978, n°50.