Jean-Antoine Constantin dit Constantin d'Aix

Marseille, 1756 – Aix-en-Provence, 1844

 

Les Ruines du Colisée

 

Plume et encre de Chine, lavis gris sur préparation à la pierre noire

565 x 462 mm

 

Fils d’un maraîcher, Constantin entre à onze ans en apprentissage dans la faïencerie de Gaspard Robert puis suit les cours de David de Marseille et de Coste à l’Académie de Marseille avant que Perron, mécène aixois, ne rassemble des fonds auprès d’autres amateurs pour l’envoyer se former à l’Académie de France à Rome. Là-bas, soutenu par Vien, il peut facilement achever sa formation et se tourne très tôt vers la peinture de paysage. Bien qu’encore imprégné de l’esprit décoratif du XVIIIe siècle, il s’adonne à l’étude d’après nature et son goût pour le réalisme fait de lui l’un des précurseurs de l’école des paysagistes de la  première moitié du XIXe siècle.

 

Le musée Granet conserve une série de dix-sept lavis sur le Colisée où Constantin nous donne du monument, quasiment abandonné à l’époque, une vision à la fois tourmentée et tranquille. Notre lavis s’inscrit tout à fait dans cette série tant par la technique que par le traitement du sujet. La structure de l’architecture est exprimée avec vigueur à travers les arches fermement dessinées. Le crayon appuyé sur le papier donne le poids de chacune des pierres qui portent l’édifice. Cela n’enlève rien à l’élan donné aux ruines, car loin de s’effondrer, les ruines du Colisée semblent aspirées par le ciel, chargées d’une grande énergie vitale. L’ajout d’herbes et d’arbres enracinés entre les piliers et les voutes complète le dessin et donne un aspect grandiose à cet édifice devenu sauvage.