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Gaetano Chierici

Reggio Emilia, 1838 - 1920

 

Dans l’atelier, vers 1860

 

Huile sur papier marouflée sur toile

40 x 37 cm

Signé en bas à droite : Chierici Gaetano

 

Après une première formation à Reggio Emilia puis à Bologne, Chierici s’installe à Florence en 1859 pour continuer ses études. Là, il se lie d’amitié avec le groupe des Macchiaoli – Giovanni Fattori, Silvestro Lega et Telemaco Signorini – et est influencé par leur esthétique vériste qui exige une « observation scrupuleuse et exacte des formes infinies et des caractères du monde contemporain ». En 1866, il quitte Florence pour revenir dans sa ville natale qu’il ne quittera plus et où il assumera la charge de directeur de l’Ecole des Beaux-Arts entre 1882 et 1907. Ce retour aux sources s’accompagne d’un changement dans la peinture de Chierici : celui-ci se spécialise à la fin des années 1860 dans une peinture de genre montrant des scènes anecdotiques placées dans des intérieurs domestiques. A l’Esposizione di Belle Arti di Brera en 1869, La Maschera (Milan, Pinacoteca di Brera) lui assure un grand succès critique et marque le début de la fortune commerciale de l’artiste.

 

Notre Intérieur d’atelier a été peint durant la période florentine de l’artitse, entre 1859 et 1866 et représente probablement le propre atelier de l’artiste. Dans un décor très simple, deux chevalets, une palette, des plâtres, des études et des toiles achevées suspendues au mur ou jetées par terre évoquent la fièvre créatrice de l’artiste. Cette manière réaliste d’évoquer un atelier n’est pas sans rappeler des peintures romantiques du début du XIXe siècle comme L’Autoportrait dans une mansarde de Tommaso Minardi (vers 1810, Florence, Galleria degli Uffizi) ou encore le Coin d’atelier, le poële autrefois attribué à Eugène Delacroix (Paris, musée du Louvre). Les études de figure académique comme les paysages évoquent bien les travaux exécutés par Chierici durant sa période florentine où il complète son apprentissage tout en cherchant sa voie. La toile blanche posée sur un chevalet au centre de la pièce pourrait être analysé comme une évocation du syndrome de la page blanche de l’écrivain ou de la difficulté pour un créateur de trouver l’inspiration au moment d’entamer une œuvre nouvelle.

 

Nous remercions le professeur Fernando Mazzoca pour son aide dans la rédaction de cette notice.


 



 
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