Logo Gallerie Terrades
Petit logo Gallerie Terrades

Simon Denis

Anvers, 1755 – Naples, 1813

 

Dans la villa de Mécène à Tivoli, 1804

 

Huile sur papier marouflé sur carton

36,5 × 32,5 cm

Signé et annoté au verso : Dans l’intérieur de la Villa Mecene à Tivoli / Sn Denis 1804

 

Simon Denis fait partie de ces peintres à cheval sur les siècles comme sur les pays : flamand d’origine, il se rend à Paris vers 1775 pour y travailler chez Jean-Baptiste Le Brun, peintre et marchand de tableaux, qui lui procure les moyens de se rendre à Rome en 1786. Pendant près de quinze ans, l’artiste occupe une place importante à Rome, notamment pour la peinture de paysage d’après nature, même si les troubles révolutionnaires paraissent avoir menacé sa carrière. Il acquiert rapidement une solide réputation auprès des amateurs de toute nationalité – Lord Bristol, Lord Hamilton, Goethe, Schlegel –, et il fréquente assidûment la colonie française, semble initier Granet à l’art du paysage et accueille l’émigrée Madame Vigée-Le Brun, portraitiste de la reine et épouse de son protecteur. À partir de 1803, le peintre vit à Naples, où il obtient, à la cour de Joseph Bonaparte, la fonction officielle de « premier peintre de la chambre pour les vues et les paysages ».

 

Si, lors de l’incontournable visite à Tivoli effectuée par les nombreux artistes et étrangers résidant à Rome au cours du xviiie siècle, les temples de la Sibylle et de Vesta sont les plus fréquentés, les visiteurs ne manquent pas non plus les vestiges de la villa de Mécène. Ces ruines, que l’on pensait à l’époque être les restes de la demeure de Caius Cilnius Maecenas, un proche de l’empereur Auguste, sont en fait les restes monumentaux d’un sanctuaire dédié à Hercule Victorieux et datant du iie siècle avant Jésus-Christ. Le lieu était surtout célèbre pour son cryptoportique où bouillonnaient les eaux d’un affluent de l’Aniene, représenté notamment par Piranèse, Ducros ou Granet. Située et datée au verso, notre étude à l’huile a été réalisée dans une autre partie de l’immense ensemble : probablement installé à l’extrémité du double portique à flanc de coteau, Simon Denis nous montre deux rangées d’arches superposées et dévorées par la végétation. Au centre, un filet d’eau va rejoindre les cascatelles qui se déversent dans la vallée. Par sa composition, sa lumière tranchante qui éclaire la partie supérieure des arcades et sa façon de rendre le foisonnement de la végétation, cette huile sur papier est typique des travaux exécutés par l’artiste et ses contemporains à Rome et dans ses environs immédiats : au travail documentaire de description des ruines se substitue une vision plus romantique où l’évocation des détails est subordonnée à la lumière et à la structure par masses pour rendre la monumentalité de l’ensemble. Au regret sur l’état d’abandon des monuments de l’Antiquité succède alors un attrait pittoresque pour des vestiges monumentaux envahis par la végétation, la nature regagnant du terrain là où elle avait été chassée, en revenant pour engloutir l’histoire.



 
Retour