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René Ménard

Paris, 1862 – 1930

 

L’Arc-en-ciel dans les nuages

 

Huile sur toile marouflée sur panneau

14 x 21,5 cm

Cachet de l’atelier René Ménard au verso (Lugt non repertorié)

 

Provenance

Loïc du Faÿ de Choisinet

Marie-Madeleine Aubrun

 

Fils de Joseph Ménard, secrétaire de l’École des arts décoratifs et directeur de la Gazette des Beaux-Arts et neveu de Louis Ménard, poète parnassien, philosophe et auteur des Rêveries d’un païen mystique, René Ménard est imprégné de culture classique dès son enfance. Admirateur de Millet et des paysagistes de Barbizon, il est d’abord apprenti chez le décorateur Pierre-Victor Galland, puis élève de Paul Baudry, de William Bouguereau et d’Henri Lehmann avant de s’inscrire à l’Académie Julian en 1880. Ses premières œuvres, exposées à partir de 1883 au Salon des artistes français, s’inspirent de la Bible et de la mythologie ; sa préférence ira ensuite à des thèmes plus généraux, lyriques ou pastoraux. Infatigable et insatiable voyageur, Ménard ne cesse de se déplacer dans le bassin méditerranéen (Italie, Sicile, Grèce, Palestine, Syrie, Algérie, Maroc dès 1898 et jusqu’au début des années 1920). Ce sont les souvenirs de ces voyages qui sont à la source de ses plus belles compositions. Son art aux profondes inflexions symbolistes est très tôt apprécié en Allemagne et en Belgique : Ménard expose ainsi à la Sécession munichoise en 1893, et en 1897, à la Libre Esthétique de Bruxelles. Sa peinture antiquisante se prête aussi aux grands décors monumentaux qui lui valent de nombreuses commandes publiques (L’Âge d’or, 1908, Paris, musée d’Orsay). Artiste cultivé, Ménard renouvelle le paysage classique hérité de Poussin en le confrontant à l’observation de la nature.

 

L’essentiel de l’œuvre de Ménard est consacré à des paysages virgiliens qui puisent leur inspiration dans des sites réels, l’artiste dessinant ou peignant sur le motif avant de recréer en atelier une composition. Notre esquisse, Arc-en-ciel dans les nuages, illustre cette manière de faire et a probablement été peinte en Bretagne, région que l’artiste a souvent fréquentée. Les nuages démesurément grands ont des proportions inhabituelles, écrasant la côte que l’on distingue en bas. C’est que, chez Ménard, l’homme n’est pas le centre et la mesure de l’univers : le peintre fait voir sa petitesse face à l’immensité et à la beauté de la nature. Car il faut parler de « visions » comme le disait Victor Soulier, en 1894, qui trouvait : « des visions d’une nature pacifiée, baignée d’aube et de crépuscule, où l’âme semble se retremper dans la candeur des aurores »[1]. Notre œuvre, par son immédiateté, fait partie des œuvres les plus séduisantes de l’artiste, où rien n’interfère entre la nature et le regard du peintre qui semble se contenter de saisir une harmonie atmosphérique générale grâce à des couleurs pures.

 


[1] Cité par J.-D. Jumeau-Lafond, Les Peintres de l’âme : le symbolisme idéaliste en France, Bruxelles, 1999.


 



 
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