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Adrien Moreau

Troyes, 1843 – Paris, 1906

 

Le Jeune passeur, 1884

 

Huile sur toile

53 x 40 cm

Signé en bas à droite : Adrien Moreau

 

Formé à l’École des Beaux-Arts dans l’atelier de Léon Cogniet, tenant d’une certaine tradition académique, puis d’Isidore Pils, aux tendances plus naturalistes, Adrien Moreau débute sa carrière officielle au Salon de 1868 avec une œuvre à sujet biblique. Dès 1869, il expose au Salon son Néron chez les Belluaires, qui est acclamé par la critique. Un an plus tard, l’explosion de la poudrière du Luxembourg durant le siège de Paris détruit son atelier de fond en comble, anéantissant tous les matériaux qu’il y a accumulés, dessins, croquis, études, collections. Il reparaît au Salon en 1873 avec un Concert d’amateurs, mais il se détourne bientôt de la peinture d’histoire pour embrasser des thèmes plus anecdotiques qu’il expose au Salon jusqu’en 1904. Ces scènes de divertissement, essentiellement des reconstitutions historicistes dont le XIXe siècle est très friand comme Dans le parc (Troyes, musée des Beaux-Arts) ou Propos galants (Nantes, musée des Beaux-Arts), sont nourries par les nombreux voyages que l’artiste effectue en Belgique et en Hollande. Son trait raffiné lui permet également de se distinguer dans l’illustration de nombres d’ouvrages, tels que Ruy Blas, de Victor Hugo ou Candide, de Voltaire.

 

En 1884, Moreau expose au Salon une œuvre de grand format (129 x 201 cm), Le Bac, aujourd’hui conservé dans une collection particulière après avoir figuré dans les collections du National Museum of American Art, Smithsonian Institute de Washington. Dans les archives de cette institution figure une lettre de 1866 de l’artiste à son marchand Knoedler and Co. parlant de sa peinture. Conçue comme « un regard croisé sur toutes les classes sociales du XVIIe siècle : nobles, soldats, paysans et mendiants », elle évoque un mode particulier de transport propre à la période préindustrielle, le bac, qui permettait d’opérer la liaison d’une rive à l’autre d’une rivière ou d’un fleuve en l’absence de pont. Notre Jeune passeur est une esquisse pour cette grande fresque sociale, centrée sur la figure du jeune homme qui va diriger le bac et qui s’apprête à laisser monter sur son esquif les différents personnages regroupés par Moreau, un couple de nobles, un militaire contant fleurette à une jeune paysanne, etc. Peu de différences entre notre esquisse et le tableau définitif, aussi bien dans la posture du jeune homme que dans la lumière de fin d’après-midi, découpant les contours du personnage. Le fond est cependant bien plus esquissé, servi par une touche libre - sans doute héritée de son apprentissage chez Isidore Pils -, un certain éclat de la palette et une verve dans les tons typiques des esquisses, une rareté cependant dans l’œuvre d’un artiste au fini précis.



 
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