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Jean-Baptiste Pillement

Lyon, 1728 – 1808

 

La Halte au bord de l’eau

 

Huile sur toile marouflée sur carton

25 x 19 cm

Annoté au revers du carton : Pilman pinxit / de Toulouse / Beaucoup de ses / œuvres au Musée / de Madrid

Étiquette ancienne : Exposition des Beaux-Arts de Cahors, 1875

 

Le XVIIIe siècle, cosmopolite par excellence, a connu peu de carrière aussi itinérante et de célébrité aussi universelle que celles de Jean-Baptiste Pillement. Fils d’un dessinateur de soieries royales de Lyon, il étudie auprès du peintre d’histoire Daniel Sarrabat avant de se rendre à Paris en 1743, où il devient dessinateur à la Manufacture royale des Gobelins. A dix-sept ans, Pillement se sent suffisamment assuré pour prendre son indépendance : un élan autodidacte le pousse d’abord sur les chemins d’Espagne et du Portugal. Il refuse de cette nation la pension et le titre de Premier Peintre du roi car « ces offres honorables ne purent éteindre en lui le désir de s’instruire en voyageant. »[1] Il s’établit alors à Londres où il acquiert une solide réputation d’ornemaniste dans la manière rocaille. Après un tour de l’Italie, il passe ensuite à Vienne où il est employé par la cour impériale. Le roi Stanislas Auguste de Pologne le prend ensuite à son service. Le titre de Premier Peintre du roi de Pologne fait beaucoup pour sa notoriété et favorise les commandes françaises, comme celles que Marie-Antoinette lui passe alors. Peintre et décorateur très talentueux, Pillement fut accueilli très favorablement partout où il se rendit, en dépit des conflits qui opposèrent les grandes puissances tout au long du siècle.

 

Contemporain de Hubert Robert et de François Boucher, Jean-Baptiste Pillement se situe à la charnière de la tradition classique du paysage clair et du courant influencé par les peintres hollandais qu’illustre notamment l’œuvre de Joseph Vernet. Au « paysage composé » de rigueur au XVIIe siècle, Pillement préfère la rêverie et la méditation poétique, peignant le plus souvent des paysages imaginaires constitués avec les souvenirs des sites parcourus au cours de ses nombreux voyages à travers l’Europe. Pillement allie ainsi l’invention « capricieuse » de la période rococo avec une grande connaissance de la nature. Notre Halte au bord de l’eau présente toutes ces caractéristiques du génie du peintre. Une rivière, une vieille tour, un pont rustique forment la composition tandis que les paysans avec leur chien au centre ajoutent, avec un grand naturel et beaucoup de fraicheur, des éléments pittoresques. On retrouve ici également la capacité infinie de l’artiste à rendre les différents moments du jour par de savants et subtils effets de lumière avec cet éclat dorée du jour finissant qui ajoute une note chaude à la composition.

 


[1] J.-B. Pillement, Mémoire autobiographique de 1764, manuscrit (Lyon, Bibliothèque municipale).



 
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