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Isidore Pils

 

Paris, 1815 - Douarnenez, 1875

 

Tête de jeune Kabyle, vers 1861-1862

 

Huile sur toile

24,7 x 19,6 cm

Signé en bas à droite : I. Pils

Mention autographe en bas à droite : âmour ou el hadj des aït aïssi

Au verso, sur le châssis, cachet de la vente de l'atelier de l'artiste

 

Œuvre en rapport

Fête donnée par les chefs arabes à l’Empereur et à l’Impératrice à Alger le 18 septembre 1860, vers 1865 (disparu)

 

Provenance

Atelier de l’artiste

Vente de l’atelier, Paris, Hôtel Drouot, 20 mars – 1er avril 1876, n° 45

 

Exposition

Exposition des œuvres de Pils, Paris, École des beaux-arts, 1876, n° 70

De Delacroix à Renoir, l’Algérie des peintres, Paris, Institut du Monde Arabe, 2003-2004, n°49

 

Talent précoce, Pils étudie dès l’âge de quinze ans deux ans avec Guillaume Lethière puis avec Picot : en 1838, il remporte le prix de Rome avec Saint Pierre guérissant un boiteux à la porte du Temple. De retour en France, il obtient son premier grand succès au Salon de 1849 avec Rouget de l’Isle chantant la Marseillaise, œuvre restée célèbre dans la mémoire collective. Pils est également l’auteur de tableaux à sujet réaliste, La Mort d’une sœur de charité (1850) ou La Prière de l’hospice qui attire l’attention de l’impératrice Eugénie au Salon de 1852, tandis que l’Empereur fait de Pils le peintre officiel de ses campagnes militaires, en Crimée et en Orient. Sa dernière commande est le plafond du grand escalier de l’Opéra de Paris pour lequel il prépare de nombreuses esquisses ; affaibli par la tuberculose qui le ronge depuis des années, il en confie l’exécution à ses élèves Clairin et Renouard.

 

En mars 1861, malgré la maladie, Pils se rend en Algérie afin de recueillir les éléments pour un grand tableau qui doit commémorer la Fête donnée par les chefs arabes à l’Empereur et à l’Impératrice à Alger le 18 septembre 1860. Délaissant Alger pour la Kabylie, Pils y est ébloui par les paysages et par les hommes. Au Fort Napoléon, il accumule pendant deux ans croquis, aquarelles et études à l'huile. De retour à Paris, l’artiste brosse avec enthousiasme le groupe des chefs arabes mais demeure insatisfait de la figure de l'Impératrice : l’œuvre est présentée inachevée à l’Exposition universelle de 1867. Cette imposante composition n’est plus connue aujourd’hui que par deux esquisses conservées dans des collections privées américaines.  On y retrouve en bas à droite la figure d’un enfant assis préparé par notre étude. Par-delà l’intérêt ethnographique dont cette étude d’un enfant de la tribu des Aït Aïssi témoigne – on sent Pils soucieux de fixer un « type » physique, une carnation -  elle montre, plus profondément, la tendresse admirative de l’artiste pour le peuple kabyle à travers cet enfant aux grands yeux étonnés, saisi dans sa pureté native.


 



 
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