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Jacob De Wit

Amsterdam, 1695 – 1754

 

Allégorie des Vertus théologales, la Foi, l’Espérance et la Charité, 1743

 

Pierre noire et rehauts de gouache blanche

228 x 290 mm

Signé et daté en bas à gauche : De Wit / 1743

 

Œuvre en rapport

Allégorie des Vertus théologales, huile sur toile (Rotterdam, Museum Boijmans Van Beuningen)

 

 

Placé très jeune dans l’atelier d’Albert Van Spiers, Jacob de Wit fit ensuite, à partir de 1708 environ, un séjour décisif à Anvers auprès de son oncle Jacomo, qui était établi dans cette ville (les Wit étaient sans doute d'origine flamande). Marchand d’art, membre de la guilde de Saint-Luc et zélé collectionneur, Jacomo fit entrer, en 1709-10, son neveu dans l’atelier du peintre Jacob Van Hal, sans que Jacob de Wit néglige pour autant les leçons de l’Académie fondée par Téniers en 1663. A Anvers, Wit devait se familiariser avec la grande peinture flamande, notamment Rubens, dont il dessina opportunément en 1711-12 les plafonds de l’église des Jésuites, brûlée en 1718. Maître de la guilde d’Anvers en 1713, il ne put se rendre à Rome comme il le désirait, et revint se fixer à Amsterdam vers 1715-16. Devenu citoyen de la ville en 1720, il s’y marie en 1724 et mène une vie active, efficacement soutenu par la forte communauté catholique, dont il est membre. En tant que premier peintre catholique en Hollande depuis la Réforme, il reçut de très nombreuses commissions. Se partageant entre une peinture religieuse d’inspiration toute rubénienne (notamment le très important ensemble réalisé à partir de 1716 pour l’église Moïse-et-Aaron d’Amsterdam) et la peinture de plafonds pour les demeures des riches particuliers d’Amsterdam, La Haye et toutes les grandes villes des Pays-Bas, Wit propagea infatigablement un agréable style décoratif à l’italienne (a-t-il vu, à La Haye, Pellegrini, actif au Mauritshuis en 1718 ?) typiquement « rococo » qui fait de l’artiste un véritable Tiepolo néerlandais.

 

Jacob de Wit n’est pas seulement célèbre pour ses plafonds peints, mais encore plus pour ses grisailles, décors en trompe-l’œil de bas-reliefs connus sous l’appellation de « grauwtjes » ou de « witjes ». De Wit utilisait cette technique surtout pour peindre des angles de plafonds, des dessus-de-porte, des dessus-de-cheminée et de grandes décorations murales de forme cintrée. Le Museum Boijmans Van Beuningen de Rotterdam conserve ainsi un bel exemple de grisaille murale représentant une Allégorie des vertus théologales, la Foi, l’Espérance et la Charité[1] pour laquelle notre dessin est préparatoire. Signé et daté 1743, comme la peinture, notre feuille est très probablement le dessin de présentation destiné au commanditaire, un riche particulier, qui n’a malheureusement pas été identifié. Dans son dessin, De Wit entoure la composition d’un cadre en trompe-l’œil ; sur un plan uniforme à peine animée de colonnes et d’un arbre, De Wit module doucement les volumes de ses personnages avec une pierre noire très fondue, animé de légers rehauts de gouache blanche. La mère et son enfant sur la gauche symbolise la Charité, tandis que l’ancre tenue par le putto au centre est le symbole de l’Espérance, selon l’Iconologie de Ripa. La Foi est évoquée au centre de la composition par les livres et la cassolette d’encens posés un guéridon original, avec ses consoles en forme de têtes d’angelots. Si les dessins de Jacob de Wit ne sont pas rares, il est cependant tout à fait exceptionnel de trouver un dessin préparatoire pour un décor en grisaille encore conservé.

 


[1] Huile sur toile, 84 x 107 cm, signé et daté 1743 (inv. 1988).



 
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