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Jean-Charles Geslin

Paris, 1814 – 1885

 

Les Temples de Paestum, vers 1847

 

Aquarelle

120 x 200 mm, feuille 210 x 295 mm

Signé et annoté en bas à gauche : Petit témoignage d’une grande amitié / JC Geslin

 

 

Inscrit à l’Ecole des Beaux-Arts en 1830, membre de l’atelier de Callet, Geslin poursuit sa formation chez les peintres Mauzaisse, Court, Picot puis Delaroche. Parallèlement, il se passionne pour l’archéologie, amassant les médailles et les antiques et portant son attention jusqu’aux vieux débris qui jonchaient alors la cour de l’Ecole des Beaux-Arts. En 1837, il expose pour la première fois au Salon en présentant une Abside de Saint-Denis qui remporte un certain succès. En 1844, sur les conseils de l’architecte Achille Leclère, Geslin décide d’entamer en solitaire – ayant échoué plusieurs fois au Grand Prix – un voyage en Italie. A Rome, il découvre les sites antiques, mais c’est à Pompéi qu’il passe le plus de temps, y séjournant neuf mois, accumulant dessins et croquis de sa main, destinés à servir à ses futurs tableaux. De ce périple, il conservera le souvenir, comme en témoigne ses écrits et ses œuvres de peinture ornementale, d’ébénisterie et de céramique. Geslin reçut plusieurs commandes officielles, dont certaines furent annulées à la suite des événements de 1848, et d’autres détruites lors les incendies des Tuileries et de l’Hôtel de Ville en 1871. En 1863, au moment de l’installation de la collection Campana au Louvre, Geslin devient inspecteur au département des antiques et entreprend de réaliser les relevés dessinés, parfois aquarellés, des différentes collections d’objets antiques de la collection.

 

Notre feuille a été réalisé durant le périple de Geslin à Paestum, dont on reconnaît les trois temples doriques grecs : au premier plan, le temple d’Héra dit « La Basilique », à l’arrière-plan, le second temple d’Héra, dit « Temple de Poséidon » - qui possède encore ses frontons - et au loin, le temple d’Athéna, dit « Temple de Cérès ». L’esquisse peut ainsi être datée de 1847, année qui correspond au séjour de Geslin à Paestum et à la fin de voyage en Italie. Dans notre dessin, on reconnaît la rigueur du graphisme du peintre d’architecture, qui représente avec précision les détails des cannelures ruines et choisit une lumière basse, suggérant la fin de l’après-midi, pour mettre en valeur la majesté des temples. La ligne d’horizon située au tiers de la composition place les monuments en surplomb, une technique qu’il emploie dans plusieurs aquarelles peintes en Italie.

 

Notre dessin a, comme le témoigne la dédicace apposée en bas, été donné à un proche de l’artiste. Il témoigne en effet de l’aventure personnelle de l’artiste lors de son séjour à Paestum. Nous savons, par son biographe Emile Clairin[1], que Geslin a séjourné plus de dix-sept jours sur le site, travaillant avec acharnement devant les ruines : il y contracte le paludisme, maladie liée au site marécageux et doit demander asile aux moines d’un couvent de Capaccio. C’est cette anecdote que l’artiste illustre au premier plan de notre aquarelle, montrant un artiste dessinant en plein air au bord d’un marais avec ses pinceaux et son parasol ; pris de malaise, il est secouru par deux moines. A la monumentalité des ruines fait face la maladie à laquelle le peintre a failli succomber et dont il veut témoigner à un proche, dans une vision non dénuée de romantisme.

 


[1] Emile Clairin, Notice biographique de Jean-Charles Geslin, Vitry-le-François, 1887, p. 11-12.



 
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