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Jacques-Philippe Loutherbourg

Strasbourg, 1740 – Chiswick, 1812

 

Vue de la citadelle d’Orange avec un dessinateur, 1768

 

Pierre noire et lavis brun

20,5 x 32,5 cm

Signé, daté en bas à gauche : P.I. de Loutherbourg 1768 et annoté au centre : Vue de la citadelle d’orange batie par les Romains avec une partie du Cirque

 

Bibliographie

O. Lefeuvre, Philippe-Jacques de Loutherbourg, Paris, 2012, fig. 8, p. 30.

 

 

Fils du miniaturiste Philippe-Jacques de Loutherbourg, établi à Strasbourg au début du siècle, puis en 1755 à Paris, le jeune Loutherbourg se forme auprès de son père, puis de Carle Van Loo et surtout, à partir de 1757-58, auprès de Francesco Casanova, dont il devient le collaborateur. Il s’attire les éloges de Diderot au Salon de 1762 avec un Combat de cavaliers avant d’être reçu à l’Académie en 1767. En 1771, il s’installe à Londres, se lie avec l’acteur Garrick et devient le décorateur du théâtre de Drury Lane jusqu’en 1781. Cette même année, il présente au public son spectacle panoramique et mécanique, éblouissant d’effets, l’Eidophysikon (Spectacle de la nature), qui lui vaut les éloges de Reynolds et de Gainsborough. Loutherbourg abandonne un temps la peinture pour s’adonner aux pratiques de son ami Cagliostro, mais reprend ses pinceaux en 1789. Peintre de genre, de batailles (Bataille du 1er juin 1794, Londres, Greenwich Maritime Museum), peintre de théâtre, Loutherbourg fut avant tout un paysagiste. D’abord influencé par les artistes nordiques comme Berchem, il est ensuite captivé par les spectacles fortement animés de la nature (Les Chutes du Rhin à Schaffhouse, 1775, Londres, Victoria & Albert Museum). Puis, sous l’effet de ses voyages et de son séjour en Angleterre, il mêle les annotations réalistes et pittoresques relatives aux occupations humaines avec des effets spectaculaires annonçant le Romantisme comme dans le Philosophe dans une abbaye en ruine (1790, New Haven, Yale Center for British Art).

 

Dès sa sortie de l’atelier de Casanova, le jeune peintre manifeste le désir de voyager pour parfaire sa formation. Après un voyage sur les côtes de la Manche en 1764, Loutherbourg décide, quatre ans plus tard, de partir pour la Provence et Michel-François Dandré-Bardon se charge de l’introduire à l’Académie de Marseille. De ce voyage dans le Sud nous sont parvenus quelques dessins dont plusieurs prennent pour sujet des étapes de son trajet. Notre dessin, réalisée à Orange, nous montre les ruines de la citadelle, sur la colline Sainte-Eutrope. Construite par Maurice de Nassau en 1620, cette forteresse fut détruite sur les ordres de Louis XIV en 1673 au début de la guerre de Hollande. Un artiste, probablement Loutherbourg lui-même, accompagné par un compagnon de voyage, dessine les ruines et de grands éboulis de rochers. Sur le fond à droite, il est possible d’apercevoir également une partie des ruines de la ville antique d’Aurasio dont le capitole se trouvait sur la colline tandis que le fameux théâtre antique est placé en contrebas. 



 
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