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Victor Jean Nicolle

 

Paris, 1754 – 1826

 

Un « Vomitorium » au Colisée, Rome

 

Plume et encre brune, aquarelle

243 x 163 mm

 

 

Né et mort à Paris, Nicolle est un aquarelliste spécialisé dans la représentation de sites urbains agrémentés de petits personnages qui les rendent pittoresques. La minutie du rendu de l’architecture des monuments fait de ses œuvres des témoignages précieux sur l’état des villes au moment où il les a dessinées. Il suivit l’enseignement de l’École Gratuite de Dessin où il fut récompensé en 1771 par le Grand prix de perspective, avant de poursuivre son apprentissage sous la direction de l’architecte Petit-Radel. Une partie de sa carrière se déroula en Italie où il effectua au moins deux séjours, l’un de 1779 à 1798 environ, l’autre de 1806 à 1811. Il réalisa pendant ses voyages à Rome, Venise, Florence et Naples une multitude de vues de ruines et de paysages pittoresques, le plus souvent à l’aquarelle, comme notre dessin.

 

Les ruines du Colisée ont particulièrement attiré l’attention de Nicolle qui a dessiné à plusieurs reprises, et sous des angles différents, ce monument, recherchant avant tout les points de vue les plus spectaculaires montrant l’édifice dans son implantation urbaine. Ici, au contraire, l’artiste se concentre sur l’intérieur du Colisée, nous montrant un des vomitoria, passages souterrains voûtés permettant l’entrée et la sortie des spectateurs du monument. L’artiste fait preuve d’un souci de précision minutieuse, soulignant avec exactitude l’appareillage impressionnant des blocs de pierre, la succession des arches, la nature sauvage qui s’y accroche. Il module avec sensibilité et à l’aide de l’aquarelle les différents plans où la végétation particulièrement abondante se mêle harmonieusement aux vestiges antiques. Les effets contrastés d’ombres et de lumière traités avec subtilité permettent à l’œil de découvrir les multiples détails de la composition. A l’aide d’une technique particulièrement soignée, Nicolle détaille précisément le lieu, jouant habilement sur les oppositions très sombres du premier plan et la percée lumineuse qui mène vers l’extérieur du monument, donnant ainsi comme une sorte de respiration à cet espace presque inquiétant. Adoptant une vision en contre-plongée, l’artiste réussit par cette technique à affirmer plus encore la puissance du lieu et son aspect presque dramatique et inquiétant. Les vomitoria particulièrement suggestifs ont inspirés d’autres artistes présents à Rome durant la fin du XVIIIe siècle ou au début du XIXe. Nous connaissons ainsi une vue similaire de Francis Towne conservée au British Museum[1] ou une autre par François-Marius Granet datée de 1809 (collection particulière)[2].

 


[1] sous la direction d’Anna Ottani Cavina, Paysages d’Italie, les peintres du plein air (1780-1830), Paris, Grand-Palais et Mantoue, Centro Internazionale d’Arte et di Cultural di Palazzo Te, 2001, n°16, p. 31

[2] New York, Sotheby’s, 23 janvier 2001, n°343 (ancienne collection John R. Gaines).



 
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