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Carle Vernet

Bordeaux, 1758 – Paris, 1836

 

La Chasse au renard, vers 1812

 

Aquarelle sur préparation à la pierre noire

289 x 408 mm

Signé en bas à droite, à la plume : C. Vernet

 

Estampe

Gravé dans le même sens par Charles-François-Gabriel Levachez, sous le titre La Chasse au renard (n°3)[1]

 

Troisième fils de Joseph Vernet, Carle Vernet nait en 1758 à Bordeaux où son père travaille à la réalisation d’un des tableaux de la série des Ports de France. Enfant précoce, il s’initie à la peinture et au dessin dans l’atelier de son père puis, à l’âge de douze ans, entre dans l’atelier de Lépicié. Lauréat du Grand prix de Rome en 1782, il est à Rome une année plus tard. De retour en France, il connaît son premier succès avec le Triomphe de Paul-Emile, morceau de réception à l’Académie royale, peint en 1789. Rapidement cependant, Carle Vernet abandonne la grande peinture d’histoire pour se consacrer à l’histoire contemporaine. Pour Napoléon, il peint de nombreuses scènes de bataille, genre qu’il renouvela en donnant de l’importance aux éléments stratégiques à côté des mêlées éphémères où se heurtent cavaliers et fantassins (La Bataille de Marengo, Le Matin d’Austerlitz, La Reddition de Madrid ou encore Le Siège de Pampelune, tous conservés au château de Versailles). Sous la Restauration, Vernet se consacra essentiellement aux scènes de courses et de chasse.

 

Proche de la famille d’Orléans, Carle Vernet partage avec eux la passion de la chasse à courre. Notre aquarelle évoque, avec un trait quelque peu primesautier, une scène de chasse à courre dont l’artiste fut sans aucun doute le témoin. Un chasseur en casaque rouge et toque noire, portant une trompe de chasse, monté sur un pur-sang, s’élance en compagnie de deux autres cavaliers à la chasse au renard. Cinq chiens de meute animent les différents plans. S’il est vrai que le travail des chiens est souvent jugé plus important au sein de la chasse à courre que l’exercice équestre en soi, c’est bien le pur-sang anglais qui est le véritable sujet de notre dessin. Loin d’être un simple faire-valoir de son cavalier, il semble poser, avec l’élégance, la finesse et la nervosité sèche propre à sa race. Fin observateur, Carle Vernet se rendait régulièrement dans les haras et les manèges pour étudier au plus près les détails des anatomies et des mouvements, suscitant bien des années plus tard ces mots élogieux d’Arman Dayot : « Le cheval, il le sait par cœur, du chanfrein au paturon, de la croupe au boulet »[2]. Ces pur-sang de course très effilés constituaient la race de prédilection du peintre, loin des lourdes montures des maîtres flamands ou des coursiers convenus de l’art hippique. Le baron Antoine-Jean Gros, qui préférait quant à lui la puissance des montures arabes, se plaisait à critiquer ce choix de Vernet, et déclarait non sans une pointe d’ironie : « Un seul de mes chevaux mangerait six des siens »[3].

 

Notre dessin a été gravé à l’aquatinte, dans le même sens et dans les mêmes dimensions par Charles-François-Gabriel Levachez, sous le titre La Chasse au renard (n°3) pour faire partie d’une suite de six planches consacrées à la chasse au renard.

 


[1] A. Dayot, Carle Vernet, Etude sur l’artiste…, Paris, 1925, n°12c, p. 68-70

[2] A. Dayot, « Peinture hippique – Carle Vernet », L’Art et les Artistes, avril 1906, p. 6

[3] C. Blanc, Histoires des peintres français du dix-neuvième siècle, Paris, 1845, p. 351.



 
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