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Gustave Doré

Strasbourg, 1832 – Paris, 1883

 

Autoportrait, vers 1865

 

Pinceau et lavis d’encre de Chine, fusain

260 x 200 mm

 

Provenance

Gérald Schurr (1915-1989)

Vente de sa collection, Paris, hôtel Drouot, 23 mai 2000, n° 23

 

Bibliographie

Connaissance des Arts, novembre 1983, n° 381, p. 66

 

Exposition

Visages d’artistes, collection Gérald Schurr, Ornans, musée Courbet, 1984, n°23

Le Peintre devant son miroir, 222 autoportraits, XVIIIe-XXe siècle, collection Gérald Schurr, Paris, Louvre des Antiquaires, 1987, n°66

The Artist Face to Face: Two Centuries of Self-portraits from the Paris Collection of Gérald Schurr, Cincinnati, Taft Museum, 1989, n° 61

 

En son époque, Gustave Doré fut certainement l’artiste français le plus renommé à l’étranger. A côté de son œuvre d’illustrateur, Doré exécute également des peintures et des sculptures qu’il expose dans la Doré Gallery de Londres. Lorsqu’eut lieu en 1885, deux ans après la mort de Gustave Doré, la vente de son atelier, plus d’une centaine de dessins et aquarelles y figuraient, ne constituant qu’une petite partie d’une production dont l’importance est encore impossible à estimer. Malgré cette abondance, cette expression particulière de son art reste peu connue. A l’inverse de l’acharnement que Doré mettait à valoriser ses estampes, ses livres illustrés et ses peintures, il n’attachait que peu d’importance à ses dessins.

 

Peu narcissique, Doré a laissé de rares autoportraits dont le plus connu est sans conteste l’Autoportrait conservé au musée d’Art moderne de Strasbourg[1]. Si ce dessin date des années 1850, le nôtre nous montre un artiste plus âgé, d’environ 35 à 40 ans : notre dessin doit donc pouvoir être daté vers 1865-1870. Ici, avec son sens aigu de l’observation et son talent singulier pour le dessin, Doré délaisse la caricature pour se représenter tel qu’il est, sans exagération, de manière réaliste et vraie. Le buste de trois-quarts, le visage de face, vêtu d’une chemise blanche et d’un pardessus noir, Doré arbore la moustache fournie et tombante qu’il gardera toute sa vie.

 

Notre autoportrait doit être rapproché d’une photographie de l’artiste prise par Félix Nadar vers 1868 et a été transposé sur bois par Guido Bach (1828-1905), un graveur et peintre allemand, contemporain de Doré. On retrouve dans toutes ces œuvres la même gravité et l’expression de déterminisme têtue qui en dit long sur l’ambition et la volonté de l’artiste, traits dominants du caractère de Gustave Doré.

 


[1] Gustave Doré, Strasbourg, 1983, p. 92.

 



 
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