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Jean-François Millet

Gréville, 1814 – Barbizon, 1875

 

Paysage des environs de Vichy, vers 1866

 

Plume et encre de Chine, aquarelle

114 x 176 mm

 

Provenance

Atelier de l’artiste

Collection de Mme Catherine Lemaire, veuve Millet (Lugt 3278)

Vente de la collection de Mme Millet, Paris, Hôtel Drouot, 24-25 avril 1894, probablement n°64, 143 ou 161

 

 

Grâce à la compréhension de ses parents, paysans du Cotentin, Millet peut suivre à Cherbourg l’enseignement d’un ancien élève de Gros. En 1837, une bourse de la ville lui permet de se rendre à Paris où il est l’élève de Paul Delaroche, mais deux ans plus tard, un échec au concours du prix de Rome le prive de cette bourse. Il est admis pour la première fois au Salon l’année suivante. Son art hésite alors entre des sujets aimables - idylles et nus - et des thèmes tirés de l’histoire religieuse ou antique. En 1847, son Œdipe détaché de l’arbre lui vaut les compliments de Thoré et de Gautier. A cette époque, il rencontre Charles Jacque, Daumier, Barye et Rousseau et se lie d’amitié avec Sensier, son futur biographe. Les sujets paysans vont désormais prédominer dans son œuvre. Sous le Second Empire, sa réputation s’affirme : médaillé aux Salons de 1853 et de 1867, il reçoit la Légion d’honneur en 1868. En dépit des attaques des critiques conservateurs, les Glaneuses puis L’Angélus contribuent à asseoir sa renommée, définitivement établie avec La Grande Bergère exposée en 1864. La mort l’empêchera de mener à bien la réalisation des peintures que lui avait commandées Chennevières, directeur des Beaux-Arts, pour le Panthéon.

 

Durant trois ans de suite, en 1866, 1867 et 1868, Millet se rend au mois de juin à Vichy, pour les cures thermales que doit y suivre sa femme. De ses brefs séjours dans l’Allier, Millet a rapporté peu de peintures mais un nombre surprenant de dessins et de pastels, qui comptent parmi ses chefs-d’œuvre. Durant les quatre semaines environ de son séjour, Millet avait pris l’habitude de louer une voiture et de faire des excursions aux environs de Vichy, s’arrêtant pour dessiner sur de petits carnets, dessins qu’il retravaillait à l’aquarelle le soir à l’hôtel ou même plus tard à Barbizon. Ces « campagnes » de dessin à Vichy poussèrent Millet à mettre au point une méthode de travail très rapide pour profiter des quelques heures de ses excursions en voiture. Il utilise alors pour ses dessins une sorte de sténographie visuelle qui témoigne d’une liberté nouvelle et offre une remarquable variété de lignes.

 

Notre Paysage des environs de Vichy est tout à fait typique des œuvres réalisées par Millet durant ces séjours dans l’Allier. Nous pouvons le rapprocher d’autres feuilles de même facture ou de mêmes dimensions conservées dans diverses collections privées ou publiques, mais plus particulièrement d’un dessin à la plume conservé au musée du Louvre (fonds du musée d’Orsay, RF4148). On retrouve dans les deux feuilles le même schéma de composition et le même motif du bouquet d’arbres le long d’un chemin bordant une colline douce. L’ajout de l’aquarelle verte et bleue mais aussi le cadrage atypique, la composition originale et la technique variée pour décrire les feuillages, accentuent le charme étrange qui émane de ce dessin, reflet du sentiment de plénitude que la nature inspirait à Millet.



 
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