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Pierre Bonirote

Lyon, 1811 – Orlienas, 1891

 

Les ruines de l’odéon d’Hérode Atticus, Athènes, 1843

 

Huile sur papier marouflé sur toile

17 x 25 cm

Signé en bas à gauche : P.B. et signé et daté en bas à droite : P. Bonirote 1843

Signé, daté et annoté au verso : Ruines du temple d’Atticus à Athènes / P.B. 1843

 

 

Entré en 1824 à l’École des beaux-arts de Lyon, Bonirote se forme auprès de Revoil et de Bonnefond. Lauréat du prix de peinture en 1832, il commence à exposer au Salon de Lyon à partir de l’année suivante. Entre 1836 et 1839, il séjourne à Rome où il retrouve son ami Hippolyte Flandrin, élève à l’Académie de France à Rome. C’est lors d’un deuxième séjour à Rome, en 1840, que la duchesse de Plaisance[1] – sur les conseils d’Ingres, alors directeur de l’Académie de France à Rome – lui propose de fonder, sous les auspices du roi Othon de Grèce, une école de peinture à Athènes. Bonirote reste trois ans en Grèce mais sa qualité de professeur étranger suscite l’hostilité et entraîne son retour à Lyon. Là, il reprend sa carrière de peintre de genre et d’histoire, exposant dans sa ville natale et à Paris de nombreuses œuvres inspirées par son voyage au Levant.

 

Notre esquisse appartient au séjour grec de Pierre Bonirote, de 1840 à 1843. Comme nombre de voyageurs de l’époque romantique, le peintre est attiré par les ruines de l’ancienne cité antique. Ici, il s’est placé en contrebas de la colline du Parthénon pour nous montrer les ruines de l’odéon construit par Hérode Atticus (101-177 après Jésus-Christ)., un orateur grec célèbre pour sa fortune et ses actions de mécénat public. Construit par le mécène en 161 en mémoire de sa femme Régilla morte un an auparavant, l’odéon mesurait 87 m de diamètre extérieur et pouvait accueillir 5 000 spectateurs, ce qui en fait l’un des plus imposants édifices de ce type en Grèce. Lieu de représentations de pièces de théâtre et d’œuvres musicales, l’odéon d’Hérode Atticus est particulièrement célèbre dans l’Antiquité pour ses excellentes capacités acoustiques et la largeur de sa scène de marbre blanc. A l’époque où Bonirote le représente, il ne reste plus qu’une partie du mur de scène et les gradins ont entièrement disparu. Une lumière dorée de fin de journée éclaire la scène et teinte l’intérieur des arcades de roux. Si l’on reconnaît avec précision les ruines de l’odéon dans cette huile sur papier, le peintre s’intéresse moins à la retranscription des détails archéologiques qu’à l’évocation d’une atmosphère. L’odéon sera peu à peu restauré, une partie du mur de scène étant remontée dans les années 1860. Au XXe siècle, les rangées concentriques de gradins ou cavea seront été remises en état et l’odéon sert actuellement de salle de spectacle, notamment durant l’été pour le Festival d’Athènes.

 


[1] Ardente philhellène, Sophie de Marbois, épouse de Anne-Charles Lebrun, duc de Plaisance, général et gouverneur de Hollande sous l’Empire, s’est installée en 1830 à Athènes où elle se fait connaître par ses activités philanthropiques.



 
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