Charles Natoire

Nîmes, 1700 – Castel-Gandolfo, 1777

 

Un Roi mage, vers 1740

 

Pierre noire et rehauts de craie blanche sur papier bis

49,4 x 29,2 cm

 

Fils d’un sculpteur et architecte, Charles Joseph Natoire entre dans l’atelier parisien de Louis Galloche à l’âge de seize ans, avant de devenir l’élève de François Le Moyne trois ans plus tard. Il obtient le Prix de Rome en 1721 et part pour Rome comme pensionnaire à l’Académie de France. Agréé à l’Académie royale de peinture et de sculpture à son retour en France, neuf ans plus tard, il devient académicien en 1734. Entre 1730 et 1740, Natoire est un artiste très demandé, recevant de nombreuses commandes, par exemple la décoration de l’hôtel de Soubise. Il obtient également des commandes royales pour Fontainebleau, Versailles et Marly. Nommé directeur de l’Académie de France à Rome en 1751,  Natoire reste jusqu’à la fin de sa vie en Italie.

 

Quelques années après l’achèvement  des peintures de l’hôtel de Soubise, Natoire est appelé à réaliser un vaste ensemble décoratif qui compte parmi les plus importants et les plus originaux dans l’histoire de la peinture religieuse française du XVIIIe siècle : la décoration du choeur et de la nef de la chapelle de l’hospice des Enfants-Trouvés à Paris. Les peintures ayant été détruites entre 1868 et 1878, lors des aménagements du parvis de Notre-Dame, seule une suite de gravures et les dessins préparatoires témoignent encore de l’œuvre de Natoire pour ce bâtiment. Au maître-autel, L’Adoration des Rois Mages était complétée par deux tableaux peints sous des arcades en trompe-l’œil et représentant, à gauche, l’un des rois mages et, à droite, un groupe de bergers. Étude préparatoire pour le roi mage de la peinture de gauche, ce dessin permet de cerner les qualités et le style de Natoire, décorateur de la « grande manière », juste avant son départ pour Rome. Un autre dessin pour la même scène est conservé au musée des Beaux-Arts de Nîmes[1].

 


[1] Charles-Joseph Natoire, Troyes-Nîmes-Rome, 1977, n°48 et 50.