Paul César Helleu

Vannes, 1859 - Paris, 1927

 

Madame Alice Helleu, vers 1900

 

Pointe sèche originale, 395 x 295 mm, marges 565 x 395 mm

(Inventaire du Fonds français non décrit ?)

Belle épreuve signée, titrée et annotée : Mme H.  / (épreuve)

 

« Votre œuvre, c’est d’après le cher modèle ; qui prête la vie élégante de son corps à toutes vos compositions, une sorte de monographie de la femme, dans toutes les attitudes intimes de son chez soi dans le renversement las de sa tête, sur un fauteuil : dans son agenouillement devant le feu d’une cheminée, avec le retournement de son visage contre le chambranle, et la fuite contournée du bas de son corps ; dans une rêverie qui lui fait prendre dans la main la cheville d’une jambe croisée sur l’autre ; dans une lecture, avec le défrisement d’une boucle de cheveux le long de sa joue, quelque chose d’interrogateur au bout du nez, une bouche un rien entr’ouverte, où il y a comme le rappel heureux de ce qu’elle lit ; dans le sommeil, où de l’enfoncement dans l’oreiller, émerge la vague ligne de deux épaules, et un profil perdu, au petit nez retroussé, à l’œil fermé par de noirs cils courbes [...]. Non, je ne sais vraiment pas un autre mot pour les baptiser, ces pointes-sèches, que de les appeler les Instantanés de la grâce de la femme » (E. de Goncourt, « Préface », Catalogue des pointes sèches d’Helleu, Paris, 1897).