Frédéric Regamey

Paris, 1849 – Paris, 1925

 

L'Atelier de Carolus-Duran, 1887

Pastel

316 x 245 mm

Signé et daté en bas à droite : Frédéric Regamey / 1887

 

Né à Paris mais d’origine suisse, Frédéric Regamey est issu d’une famille d’artistes : son père, Louis-Pierre Guillaume, est chromolithographe ; son frère aîné, Guillaume, peintre militaire tandis que le cadet, Félix a longtemps séjourné au Japon qu’il a longuement peint. Après une formation auprès d’Horace Lecoq de Boisbaudran, Frédéric commence sa carrière comme illustrateur après la guerre de 1870. Grand sportif, escrimeur de talent, bicycliste enragé, Regamey va se spécialiser dans les scènes sportives : en 1898, il illustre ainsi Velocipédie et automobilisme. Il va surtout illustrer des scènes contemporaines, aussi bien en dessin qu’en peinture : Les funérailles de Gambetta, 1892 (Paris, musée d’Orsay), Les Délégués des Colonies et Monsieur Jules Ferry, 1892 (Paris, musée du quai Branly). Il réalise également de nombreuses vues d’intérieur dont une série de dessins intitulée Le Monde d’il y a vingt ans, publiés dans le Figaro illustré, montrant les salons et les fêtes qui rythmaient la vie parisienne dans les années 1880. Avec son épouse Jeanne, Regamey séjourne régulièrement, à partir de 1898, à Beblenheim en Alsace où il trouve l’inspiration pour de nombreuses illustrations d’ouvrages à caractère régional comme les Récits d’un vieil alsacien (1905), Au pays d’Alsace, contes et récits nationaux (1906) ou Les Histoires de la mère Grétel publié en 1918. Avec sa série des Ateliers, Regamey entame en 1888 la publication de vues des ateliers des principaux artistes contemporains : Cabanel, Henner, Bonnat, Chaplin, etc. La même année, il illustre Les Peintres de la femme, un texte de Claude Vento (pseudonyme d’Alice de Laincel). Notre pastel est un des dessins préparatoires pour cette dernière publication. Transformé par l’ajout de plusieurs femmes, notre dessin sera reproduit dans le chapitre consacré à Carolus-Duran (pages 294-299).

Charles-Emile Auguste Durand, dit Carolus-Duran (Lille, 1837-Paris, 1917), remporte un énorme succès avec La Dame au gant en 1868 (Paris, musée d’Orsay). A la suite de cette réussite, il se consacre essentiellement au portrait mondain tout en poursuivant une carrière de peintre d’histoire. L’atelier de Carolus-Duran était situé passage Stanislas, près de la rue Notre-Dame-des-Champs, au premier étage d’un hôtel particulier. Claude Vento décrit ainsi la pièce représentée par Regamey : « Eclairé par le haut, en dôme, c’est une vaste pièce dont les murs, tendus de grenat, disparaissent sous les tableaux, qui se détachent en note plus intense sur les vieilles tapisseries, accrochées un peu partout. […] En face [du cabinet de travail] est l’orgue sur lequel, lorsque sa fantaisie l’y conduit, [Carolus-Duran] se met à jouer tout à coup, interrompant subitement travail ou causerie ; au fond, de resplendissantes idoles japonaises en bois doré, et au dessus l’admirable Vision que j’ai décrite »[1]. Il s’agit d’une toile aujourd’hui perdue, La Vision de l’ermite ou Tentation de saint Jérôme, exécutée en 1883.

 


[1] C. Vento, Les Peintres de la femme, Paris, 1887, p. 295.