Pierre-Joseph Garrez

Paris, 1802 – 1852

 

La Girandole du château Saint-Ange, vers 1830

 

Lavis d’encre de Chine et lavis brun, rehauts de gouache blanche

190 x 250 mm

Signé et daté en bas à gauche : Garrez 18..

 

 

Élève de Léon Vaudoyer et de Louis-Hippolyte Lebas, Pierre-Joseph Garrez suit une formation d’architecte traditionnelle. A l’École des beaux-arts, il obtient le grand prix de Rome d’architecture en 1830 avec Une maison de plaisance pour un prince. Garrez passe les cinq années suivantes à la Villa Médicis, tout en voyageant à Naples et en Sicile. A son retour à Paris, ses activités se tournent vers l’École des Ponts et Chaussées, à la fois comme architecte et comme professeur d’architecture. Auditeur au Conseil général des Bâtiments civils, Garrez sera également membre de la Commission des monuments historiques qui le charge de nombreuses restaurations à partir de 1840, en particulier en Seine-et-Marne (églises de Moret, Champeaux, Dannemarie, crypte de Jouarre) et en Seine-et-Oise (églises de Saint-Sulpice de Favière, Taverny, etc.).

 

L’École nationale supérieure des beaux-arts conserve un important fonds de dessins de Pierre-Joseph Garrez, lié à sa participation aux différents concours de l’école et à son séjour à Rome. Mais, à côté de ces dessins d’architectures, Garrez aime à saisir la vie quotidienne italienne que l’on retrouve notamment dans des aquarelles conservées au musée du Louvre ou au musée des Beaux-Arts de Nancy (donation Guy et Jacques Thuillier). Témoignage saisissant des célébrations religieuses qui avaient cours à Rome aux XVIIIe et XIXe siècles, notre feuille représente la girandole tirée depuis le château Saint-Ange le lundi soir de Pâques. Le public assistait depuis les berges opposées du Tibre à ce feu d’artifice conclu par deux tirs en éventail de plusieurs milliers de fusées. Une lumière incandescente embrasait alors le ciel nocturne, tandis que le sommet du monument surgissait au milieu d’épais nuages de fumée. Garrez emploie ici le pinceau et la gouache, dont la densité chromatique et la fluidité traduisent les jeux de lumière de la girandole, qui ne sont pas sans évoquer les effets d’une éruption volcanique.