Felix Marie Ferdinand Storelli

Turin, 1778 – Paris, 1854

 

La Pompe à feu du Gros-Caillou à Paris

 

Pinceau, lavis d’encre de Chine et lavis bleu

239 x 320 mm

Signé en bas à droite : Storelli ft

 

Félix Storelli, né à Turin, s’installe à Paris autour de 1800. Infatigable voyageur, essentiellement en France et en Italie (Savoie, Campanie, Sicile, etc.), il réalise de nombreux paysages qu’il expose au Salon, de 1806 jusqu’à sa mort. Professeur de dessin de la duchesse de Berry à partir de 1815, il réalise pour elle aquarelles et tableaux dont une Vue de la pose de la première pierre de la chapelle du château de Rosny, exposée au Salon de 1822. Storelli a représenté à plusieurs reprises des vues de Paris, comme Le Pont de la Concorde et de la façade du Corps législatif conservé au musée Marmottan ou une Vue de l’hôtel de Choiseul-Gouffier sur les Champs-Elysées (collection particulière)[1].

 

En 1777, les frères Périer fondent la Compagnie des eaux de Paris dont le but était de fournir en eau potable les fontaines de Paris. Pour ce faire, ils construisirent deux pompes de grand format, la première au pied du village de Chaillot et la seconde sur le quai d’Orsay. L’eau, pompée par d’imposantes machines à vapeur, était stockée dans un bassin situé en haut d’une tour puis redistribuée aux fontaines. Notre aquarelle représente la seconde pompe à feu des frères Périer, celle du quai d’Orsay, aussi appelée pompe du Gros-Caillou, qui desservait les treize fontaines de la rive gauche. Mise en service en 1788, elle sera définitivement arrêtée en 1858. On distingue nettement sur notre aquarelle le réservoir en forme de tour, si caractéristique des pompes à feu, ainsi que la fumée des machines à vapeur. Les parisiens s’émerveillaient de voir l’eau pompée par le feu, comme l’exprime un faiseur d’épigramme en 1778 : « Ici, vois, par un sort nouveau, / Le feu devenu porteur d’eau ! ». En utilisant essentiellement l’aquarelle bleue pour réaliser son dessin, Storelli lie intrinsèquement la Seine, le ciel et ce bâtiment préindustriel voué à l’eau. Il existe de notre dessin une autre version, non signée, conservée dans une collection particulière[2].

 



[1] Un Panorama de Paris et ses environs, Paris, galerie Kugel, 1996, n°26.

[2] Dessins anciens, Paris, galerie Patrick Perrin, 1989, n°48 (attribué à Antoine-Pierre Mongin).