Léon Cogniet

Paris, 1794 – Paris, 1880

 

Don Quichotte chargeant les moutons

 

Pinceau et lavis brun sur préparation à la pierre noire, rehauts de gouache blanche, 182 x 245.

Monogrammé en bas à droite : L.C. (dans un cercle).

Annoté sur le bouclier : Dulcinée.

 

Fils d’un dessinateur de papiers peints, Léon Cogniet entre à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris en 1812 dans l’atelier du peintre Pierre-Narcisse Guérin (1774-1833), où il s’imprègne des principes néoclassiques. Condisciple de Théodore Géricault, d’Ary Scheffer et d’Eugène Delacroix, il remporte le prix de Rome en 1817, année où il débute au Salon auquel il participera régulièrement jusqu’en 1855. Rentré d’Italie en 1822, Cogniet expose une Scène du Massacre des Innocents qui fera sa renommée (Rennes, musée des Beaux-Arts). Exposé la même année que Les Massacres de Scio de Delacroix, l’œuvre fut considérée comme une œuvre emblématique du Romantisme français. Par la suite, sa célébrité naissante assurera au peintre de nombreuses commandes de prestiges dont Les Saintes Femmes au Tombeau pour l’église de la Madeleine en 1836. Chevalier de la Légion d’honneur en 1828, Cogniet est nommé en 1831 professeur de dessin au lycée Louis-le-Grand - où il aura Degas comme élève -, puis professeur à l’Ecole polytechnique en 1845. Elu membre de l’Institut en 1849, deux ans plus tard il est professeur à l’Ecole des beaux-arts. Parmi ses nombreux élèves figureront Meissonier, Jean Paul Laurens, Bonnat, Dehodencq, Cals, Luminais et Rosa Bonheur.

 

Le Don Quichotte de la Manche de Miguel de Cervantès a inspiré de nombreux artistes au XVIIIe siècle, de Charles Coypel à Fragonard. Mais c’est surtout au XIXe siècle que se multiplient les œuvres illustrant le fameux roman épique : Corot, Delacroix, Daumier mais aussi Célestin Nanteuil, Louis Boulanger ou Gustave Doré représenteront quelques-unes des aventures du célèbre hidalgo. Ici, Cogniet s’intéresse plus particulièrement au chapitre XVIII du premier livre, où Don Quichotte, prenant un troupeau de moutons pour les armées de son ennemi Alifanfaron, se lance à l’assaut des animaux. Ce dessin permet d’évoquer l’amitié qui unit Léon Cogniet avec Théodore Géricault et Jean-Victor Schnetz. Ces deux artistes se trouvent à Rome à l’automne 1817 lors de l’arrivée de Cogniet à la Villa Médicis et vont exercer une influence déterminante sur le jeune artiste. Une des caractéristiques des dessins de Géricault et de Schnetz à Rome est l’utilisation intensive de la gouache blanche que nous retrouvons dans notre dessin. Par ailleurs, la fougue du cheval de Don Quichotte n’est pas sans évoquer les dessins de Géricault sur la course des chevaux barbes.