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James Pradier

Genève, 1790 – Bougival, 1852

 

La Toilette d’Atalante, 1847-1850

 

Bronze à patine brune

Hauteur 25 m, longueur 19, largeur 13,5 cm

Signé sur la terrasse : Pradier

Estampille du fondeur Susse Frères (1852-1881)

 

Bibliographie comparative

C. Lapaire, Catalogue raisonné James Pradier, Genève, 2007, n°306.22-33, p. 165

 

 

Après une première formation à l’école publique de dessin de Genève, où il est remarqué par Vivant-Denon, Pradier vient à Paris en 1808 pour se former auprès du sculpteur Lemot. En 1813, il obtient le grand prix de Rome de sculpture avec son bas-relief Neptolème empêche Philoctète de percer Ulysse de ses flèches (Genève, musée d’Art et d’Histoire), ce qui lui permet de séjourner à Rome de 1814 à 1818, en même temps que David d’Angers, à l’époque où y régnaient Canova et Thorvaldsen. De retour en France, Pradier s’impose d’emblée : au Salon de 1819, sa Bacchante (Paris, musée du Louvre) témoigne déjà de cet art sensuel et érotique dont il ne se départira plus et qui le distingue de ses contemporains. Les Trois Grâces (Salon de 1831, Paris, musée du Louvre) ou la Poésie légère (Salon de 1846, Nîmes, musée des Beaux-Arts) en sont d’autres exemples, véritables « statues de chair », pour reprendre le titre de l’exposition consacrée à l’artiste à Genève et Paris en 1985. Devenu le sculpteur préféré de la Monarchie de Juillet, Pradier obtient de nombreuses commandes publiques comme les Victoires pour les écoinçons de l’Arc de triomphe de l’Etoile, les statues des villes de Strasbourg et de Lille pour la place de la Concorde (1836) ou les Victoires colossales du tombeau de Napoléon aux Invalides.

 

En 1849, Pradier réalise un marbre de grand format, La Toilette d’Atalante, acquis par l’État français à la suite de son exposition au Salon de 1850 et aujourd’hui conservé au musée du Louvre. Dans cette œuvre, Pradier aborde un thème tiré des Métamorphoses d’Ovide, cher aux sculpteurs baroques. Toujours victorieuse dans les courses, Atalante avait promis, face à ses nombreux prétendants, de s’offrir à celui qui la dépasserait. Un stratagème de Vénus permet à Hippomène de la conquérir en lançant au-devant d’elle trois pommes d’or qu’Atalante ramasse, retardant sa course. Plutôt que de suivre la tradition, qui voulait que les artistes représentent le moment de la course, Pradier choisit un épisode plus tardif : Atalante est accroupie, en train d’attacher sa sandale, après son bain. Elle est en possession des cadeaux faits par Vénus à l’issue de la course, une couronne de fleurs posée sur sa tête et un collier de pommes d’or posé près de son pied. Les trois pommes qui décidèrent de l’issue de la course et de la vie d’Atalante sont également représentées sur le sol.

 

Le fabriquant de moules en plâtre de l’artiste, Salvator Marchi, a fait légalement enregistrer le modèle de l’Atalante au Dépôt légal dès 1847, ce qui montre que Pradier a modelé sa sculpture sous forme d’une statuette, avant d’en faire un marbre de grandes dimensions. C’est ainsi que l’on retrouve ce modèle dans la vente après décès de l’artiste en 1852, accompagné de ses droits de reproduction en bronze. C’est l’éditeur Susse frères qui achète alors le lot et en 1860, l’Atalante est offerte sous trois tailles : 78 cm, 35 cm et 22 cm. On ne connaît aujourd’hui que des exemplaires de la plus petite dimension comme notre bronze, qui est cependant légèrement plus grand que les 22 cm cités habituellement. Les droits de Susse sur ce bronze ayant été vendus en1881 à Barbedienne, la fonte de notre exemplaire, qui porte l’estampille de Susse, peut être datée relativement précisément entre 1852 et 1881.



 
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