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Domenico Maria Canuti

Bologne, 1626 – 1684

 

Etude de tête d’homme au turban, vers 1650

 

Pierre noire

305 x 237 mm

 

Œuvre en rapport

L’Extase de sainte Cécile, huile sur toile (Imola, S. Maria di Valverde)

 

Provenance

Hugh Honour

 

Canuti, l’un des pionniers de la peinture de plafond du baroque bolonais, s’est brièvement formé au contact de l’Albane, de Guido Reni, du Guerchin et de Giovanni Andrea Sirani. De tous ces maîtres, c’est le Guide qui a le plus influé sur notre artiste. Le voyage à Rome effectué par Canuti entre 1646 et 1651 a joué également un rôle décisif dans son évolution : il y rencontre le sculpteur Alessandro Algardi et peut-être aussi Pierre de Cortone. Durant les deux décennies suivantes, l’artiste exécute divers projets de décoration à Bologne, parmi lesquels figurent les fresques du plafond du grand salon du palais Pepoli Campogrande (L’Apothéose d’Hercule, 1669), œuvre qui constitue une étape marquante dans l’évolution de la peinture de plafond bolonaise. En 1672, l’artiste fait un second séjour à Rome où il reste pendant cinq ans. Il jouit alors d’une renommée suffisante pour qu’on lui demande de réaliser d’importants travaux décoratifs comme le plafond de Ss. Domenico e Sisto (Gloire de saint Dominique, 1674-1675). Durant ses dernières années, qu’il passa à Bologne, Canuti se consacre surtout à des projets de décoration pour la bibliothèque et la coupole de San Michele in Bosco.

 

Notre dessin, inédit, est une étude pour l’une des premières peintures de l’artiste, L’Extase de sainte Cécile, réalisée vers 1650 pour l’église de S. Maria di Valverde à Imola)[1] : cette figure au turban, la bouche ouverte, se retrouve au fond à droite du tableau. Un autre dessin de détail pour la même composition est connu, une Tête de soldat casqué (collection particulière)[2]. Les études à la craie, comme notre étude, parfois rehaussées de pastel, forment la part la plus éblouissante du corpus graphique de Canuti. Nous retrouvons ici cette manière très subtile d’écraser la pierre noire qui donne une impression de volume parfaitement maîtrisé, reprise des plus belles feuilles d’Annibale Carracci et de Guido Reni, le maître de Canuti. Notre Homme au turban, figure monumentale au raccourci expressif très fort, est proche d’une autre feuille datant de la même période, Tête d’homme au turban (Château de Fachsenfeld, collection Baron von Koenig Fachsenfeld)[3]. On retrouve dans ces deux dessins, le goût particulier de l’artiste pour les personnages vêtus de costumes d’un orientalisme plus pittoresque que vraisemblable.

 

Notre dessin provient de la collection du fameux historien de l’art Hugh Honour (1927-2016). Avec John Fleming, il a publié des livres aussi célèbres que The Visual Arts : A History, qui a connu au moins sept éditions. Son ouvrage Neo-Classicism (1968) a lancé l’étude de la période néo-classique en Europe, jusqu’alors peu considérée. De 1962 à sa mort, Honour a vécu à la Villa Marchio, près de Lucques.

 


[1] S. Stagni, Domenico Maria Canuti, pittore, catalogo generale, Rimini, 1988, p. 34-35 et n°n°1, p. 129.

[2] Pierre noire et sanguine, 343 x 236 mm, Master Drawings, 1500-1900, Thomas Le Claire Kunsthandel, Hambourg, 1994, n°15.

[3] Stagni, op. cit., ill. 27, p. 79.



 
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