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Markus Dinkel

 

Eiken, 1762 – Berne, 1832

 

Le Tambour de basque

 

Aquarelle

222 x 320 mm

Signé en bas au centre : Dinkel pinx

Filigrane : J. Whatman

 

 

Markus Dinkel est un de ces petits maîtres suisses (Schweizer Kleinmeister) dont la vie est mal connue. Né en 1762 à Eiken près de Bâle, il se fixe à Berne en 1793, où il travaille alors dans l’atelier de Gabriel Lori père, peintre de paysage et graveur. Il participe à plusieurs reprises à la Berner Kunst und Industrieausstellung (Exposition industrielle et artistique de Berne) entre 1810 et 1830, en présentant des aquarelles. La Suisse ayant recouvré son indépendance en 1815, elle s’ouvre au tourisme et de nombreux voyageurs faisant le Grand Tour viennent admirer les paysages alpins et les costumes pittoresques des suisses. Dinkel profite de cet engouement et se fait connaître comme « peintre de costume »[1]. Il participe notamment au Recueil de portraits et costumes suisses les plus élégants ; usités dans les 22 cantons accompagné d’un supplément, publié chez Peter Lamy autour de 1820, pour lequel il réalise une série d’aquarelles. On connaît aussi de lui un portrait de Joséphine de Beauharnais en costume de paysanne bernoise, peut-être réalisé lors du voyage de Napoléon et Joséphine en Suisse en 1810.

 

Les portraits en costume de Markus Dinkel se distinguent par des tons délicats et la variété des poses qu’il fait prendre à ses personnages. Dans notre Jeune femme au tambourin, Markus Dinkel use des mêmes effets pour mettre en scène sa composition. Une jeune femme à l’air rêveur est représentée à demi allongée sur une marche, prenant appui sur un ballot, la tête recouverte d’un tambour de basque. La composition est structurée par les lignes du dallage, sur lequel Dinkel appose sa signature, et l’encadrement de bois dans lequel se détache la jeune femme. La scène est éclairée de l’extérieur et découvre le haut de son corps, suggérant l’ombre d’une porte légèrement entrouverte. La jeune femme porte une robe blanche de style Empire, dont le drapé souligne ses formes et dévoile discrètement un sein. Dans cette feuille, Markus Dinkel fait preuve d’une précision de graveur pour souligner les détails des motifs du coussin, ou bien ceux des anneaux fixés au cadre du tambourin, une habileté que l’on retrouve dans ses portraits en costume. Le charme de cette scène intime au caractère galant semble avoir eu un certain succès puisqu’il réalise une autre version de ce dessin, très légèrement différente[2].

 


[1] R. Glutz-Blotzheim, Manuel du voyageur en Suisse, Zurich, Orell Fussli & Compagnie, 1927, p. 153.

[2] Aquarelle, 208 x 329 mm (Goethezeit & Romantik, Zeichnungen, Aquarelle und Gouachen von 1778 bis 1893, Hambourg, Le Claire Kunst, 2010, n°12).



 
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