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Henri Harpignies

Valenciennes, 1819 – Saint-Privé, 1916

 

Vue de Rome depuis le mont Palatin, 1865

 

Aquarelle

242 x 348 mm

Signé et daté en bas à gauche : H. Harpignies. Rome 1865

 

 

Bravant les réticences de son père qui souhaitait le retenir dans sa fabrique de sucre, Harpignies a 27 ans lorsqu’il se consacre à la peinture. Élève du paysagiste Achard à Paris, il part avec lui visiter la Belgique et la Hollande en 1848 ; puis le jeune homme se rend en Allemagne et en Italie. Rentré en France, il débute au Salon de 1853 avec des vues de Capri et de Valenciennes. Entre-temps, il a rencontré Corot à qui il voue une profonde admiration, et il peint à Fontainebleau et à Mariotte, sans toutefois adhérer au groupe de Barbizon. Refusé au Salon de 1863, il prend sa revanche au retour d’un second voyage en Italie : médaillé en 1866, 1868 et 1869, il reçoit la Légion d’honneur en 1875. Ce « Michel-Ange des arbres », surnom donné par Anatole France, a exercé ses talents dans toutes les régions de France, notamment à Nice et à Menton où il a l’habitude de séjourner l’hiver, ainsi qu’à Saint-Privé, sur les bords de l’Yonne et dans l’Allier.

 

Harpignies a été très marqué par les deux séjours qu’il fit en Italie, en 1848-1850 puis 1863-1865 : « Rome a eu sur moi une influence immense et c’est de cette influence que je vis toujours. Elle m’a formé, elle m’a créé, elle m’a soutenu et me soutient toujours. C’est à elle que je dois non seulement mes plus nobles émotions mais mes meilleures inspirations. Que ceux qui veulent apprendre aillent là-bas parce que là-bas ils se rendront compte de ce qu’est la beauté ». Exécutée au cours du second séjour de l’artiste en Italie, notre Vue de la basilique de Maxence peut être rapprochée de deux aquarelles datées de 1865, une Vue du Colisée, prise du Palatin, conservée au Metropolitan Museum de New York et une Vue de Rome prise du Pincio (Paris, musée du Louvre). Derrière l’apparente liberté du plein air, le choix judicieux de l’angle de vue et un sens aigu de la mise en page, de même que l’emploi de tonalités claires et transparentes qui laissent transparaitre le blanc du papier, confèrent à notre aquarelle son équilibre, typique des œuvres exécutées par Harpignies durant le second voyage en Italie.

 

Pour réaliser cette aquarelle, Harpignies s’est placé dans les Horti Farnesiani, sur la partie du mont Palatin dominant le Forum romain. Au centre, de face, s’élèvent les restes impressionnants de la basilique de Maxence ou Basilique Nova. Construite par l’empereur Maxence vers 306-312 et achevée par Constantin Ier, elle sera détruite en grande partie au cours des siècles ; il ne subsiste aujourd’hui, en élévation, que le bas-côté nord de l’édifice avec ses trois voûtes en berceau de 35 m de haut, décorées de caissons octogonaux. Sur la gauche, on remarque le monastère de Saint-Côme-et-Damien qui intègre le temple circulaire de Romulus et sa remarquable façade aux portes de bronze datant de l’antiquité. Dans le fond à gauche, on distingue la silhouette du palais du Quirinal. Quelques années plus tard, en 1869, Harpignies réalisera une seconde version de ce sujet, plus finie et de très grand format (47 x 72 cm) qui se trouve aujourd’hui conservée en collection privée[1].

 


[1] Londres, The Reid Gallery, mai-juin 1960, n°8.



 
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