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Antonio de La Gandara

Paris, 1861 – 1917

 

Un Coin des Tuileries, vers 1890-1900

 

Pastel

235 x 275 mm

Signé en bas à droite : A. de la Gandara

 

 

Né d’un père espagnol et d’une mère française, Antonio de La Gandara est admis en mars 1878 à l’Ecole des beaux-Arts dans la classe de Gérôme. Il se lie en même temps avec Rodolphe Salis, fondateur du cabaret Le Chat noir et contribue au Salon des Incohérents avec ses camarades Caran d’Ache et Adolphe Willette. Ses sombres premières œuvres exposées au Salon à partir de 1882 sont marquées du souvenir de Ribot et de la peinture espagnole du XVIIe siècle. Mais sa rencontre avec le comte Robert de Montesquiou en 1885 lui ouvre les portes de la haute société française dont il deviendra l’un des peintres préférés. Particulièrement brillant dans la représentation des célébrités du Tout-Paris, La Gandara se fait une spécialité des figures féminines. Les héroïnes proustiennes, comme la comtesse Greffulhe ou la princesse de Chimay, mais également les artistes (Sarah Bernhardt, 1895) ou les beautés internationales (Mme Gabriele d’Annunzio, 1907) comptent parmi ses œuvres les plus saluées par la critique.

 

C’est du début des années 1890 que date l’intérêt de La Gandara pour les parcs et les paysages parisiens qui constituent pour lui son jardin secret. Il réalise alors des vues du parc de Versailles, du jardin du Luxembourg ou de celui des Tuileries. Un Coin des Tuileries représente l’angle entre la rue de Rivoli et la place de la Concorde. Pour le réaliser, l’artiste s’est placé dos à l’hôtel de Saint-Florentin, alors occupé par le baron Alphonse de Rothschild – La Gandara a peint le portrait de la baronne quelques années auparavant – pour regarder le bout de la terrasse des Feuillants, qui s’ouvre par une grille sur la rue de Rivoli. On reconnaît sans peine les grilles aux pointes dorées du jardin des Tuileries, scandées de colonnes surmontées de vases Médicis. Quelques promeneurs à peine esquissés par de légères taches de pastel rose, blanc et noir animent la scène, une calèche remonte la rue de Rivoli. On retrouve tout à fait ici la spécificité des paysages mélancoliques de La Gandara si bien décrits par Tristan Klingsor : « La mélancolie imposante d’une forêt ne saurait l’émouvoir autant qu’un jardin taillé comme une belle dame. Ses paysages, un coin des Tuileries ou du Luxembourg dont il est voisin. Il affectionne les parcs ? Son pinceau s’amuse des allées de sable, des carrés de verdure, des boulingrins, des touffes éclatantes de géraniums, d’une colonnette de pierre, des jets d’eau qui ont la courbe frêle d’une robe de mousseline. Et la couleur de ses toiles conserve la beauté crue de l’herbe, le rouge des fleurs, la rouille des feuillages et tout cela s’harmonise admirablement »[1].

 

 


[1] T. Klingsor, Revue illustrée, 1er février 1900.



 
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