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Pierre-François-Léonard Fontaine

Pontoise, 1762 – Paris, 1853

 

Le Palais Barberini du côté des jardins, vers 1790

 

Plume et encre brune, lavis d’encre brune sur traits de pierre noire

210 x 295 mm

 

Provenance

Atelier de l’artiste

Symphorien Meunié, gendre de l’artiste (1795-1871)

Gustave Meunié (1833-1927), son fils

Félicie Roger d’Hostel, son épouse (1843-1935)

Thérèse Meunié, leur fille, épouse de Lucien Morel d’Arleux (1872-1944)

Par descendance, collection particulière

 

 

Fils et petit-fils d’architectes entrepreneurs, Fontaine fait la connaissance de Percier dans l’atelier de Peyre. Les deux inséparables amis sont bientôt admis à l’Académie royale où Fontaine est l’élève d’Heurtier. En 1785, il remporte le second grand prix d’architecture et, grâce aux subsides paternels, peut se rendre à Rome où son ami Percier, lauréat du grand prix l’année suivante et pensionnaire à l’Académie de France, le rejoint. Dès lors leur amitié se transforme en une collaboration active qui ne prend fin qu’en 1814 lorsque Percier pour des raisons de santé et peut-être aussi par conviction politique, met fin à cette association exemplaire. Avec Percier, Fontaine contribua à la création comme à la diffusion dans toute l’Europe et jusqu’aux Etats-Unis, du style Empire auquel son nom reste attaché. Les innombrables aménagements effectués pour tous les régimes se succédant en France de Napoléon à la Seconde République en font l’un des premiers architectes de son temps. Membre de l’Institut à sa création, familier et confident des puissants, son Journal est la vivante chronique d’un demi-siècle agité.

 

Lors du séjour italien de Percier et Fontaine, entre 1786 et 1791, les deux architectes décident d’exécuter des relevés des plus fameux palais et villas des environs de Rome, s’intéressant à des exemples d’architecture de la Renaissance et de la période baroque jusqu’alors ignorés, pour ne pas dire méprisés, de leurs contemporains. Percier et Fontaine réalisent alors plusieurs vues du palais Barberini. De retour à Paris, Percier et Fontaine se lancent dans l’édition de recueils de planches gravées : le succès remporté par Les Palais et maisons de Rome (1798) lance leur carrière. Dans cet ouvrage, deux planches seulement (pl. 80 et 81) sont consacrées au palais Barberini : un plan général et l’élévation sur la rue. Notre vue de la façade arrière du palais, non retenue pour être gravée, restera dans l’atelier de l’architecte.

 

Le palais Barberini, un des plus imposants bâtiments de la Rome du XVIIe siècle, abrite aujourd’hui la Galleria nazionale d’Arte Antica. Le projet initial a été commandé par le cardinal Francesco Barberini à l’architecte Carlo Maderno, en 1625, comme villa suburbaine à destination de plaisance. Le projet initial, englobant les restes de la villa du cardinal Rodolfo Pio da Carpi, était une construction quadrangulaire assez simple. Rapidement, le projet est élargi et deux ailes sont ajoutées, transformant la villa en palais de ville à usage d’habitation et de représentation pour la famille Barberini. Entre-temps, l’oncle du commanditaire, Matteo Barberini, est devenu pape sous le nom d’Urbain VIII et la famille, une des plus importantes de Rome. Après Maderno, Gian Lorenzo Bernini, aidé par Francesco Borromini, reprendra les travaux, terminant la façade principale et les intérieurs. Mais c’est à Maderno que l’on doit la façade arrière et la liaison entre le palais et le jardin, cette rampe douce très originale qui permet de relier la cour principale et les vastes jardins en surplomb. C’est cette façade, moins spectaculaire que celle donnant sur la rue, que choisit de représenter ici Fontaine. A l’extrême fin du XVIIIe siècle, la famille Barberini est sur le déclin et les jardins ne sont plus entretenus. Mais Fontaine est surtout frappé par la monumentalité qui se dégage de cette façade comme par l’ingéniosité de la liaison entre la cour et les jardins, deux éléments qui constituent l’essence de notre dessin.

 




 
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