Henri Rivière

Paris, 1864 – 1951

 

L’Enterrement aux parapluies, 1885

 

Eau-forte et aquatinte originale, 217 x 177 mm, marges 340 x 220 mm

(Toudouze p. 160, Fields p. 85, Sueur-Hermel 8)

Très belle et unique épreuve sur japon, du deuxième état (sur au moins 3), avant de nombreux travaux à l’aquatinte et à la pointe sèche, annotée par l’artiste au crayon bleu 2e état

Amincissure dans l’angle supérieur gauche

 

Dans ses mémoires, Rivière fait remonter à l’enfance la naissance de son goût pour l’estampe. Dès 1885, il grave à l’eau-forte, probablement initié par ses amis du Chat noir, Marcellin Desboutin, Henri Somm et Steinlen, tous rompus aux techniques de la taille douce. Comme Pissarro, Degas ou Buhot, Rivière expérimente les « cuisines » de l’eau-forte, associant volontiers à cette technique l’aquatinte, la pointe sèche ou le vernis mou. A cette époque, il tire lui-même ses plaques avec l’aide de l’imprimeur attitré des impressionnistes, Auguste Delâtre. Dans L’Enterrement aux parapluies, le sujet fantastique, un cortège funèbre par temps de pluie, se combine avec une sensibilité impressionniste à l’atmosphère et une composition dynamisée par le recours à un cadrage inspiré de l’estampe japonaise. Notre épreuve est une rare épreuve d’état, annotée par Rivière lui-même, dans laquelle la composition générale est déjà mise en place. Par la suite, Rivière retravaillera l’image à l’aquatinte et à la pointe-sèche de manière à l’assombrir et à accentuer les effets de pluie. Le tirage de cette planche sera de 25 épreuves en état définitif.